Le roi du Bling au Royaume Uni
vonric | 11 mai, 2008 11:26
Headcases est l'équivalent des Guignols au Royaume Uni (mais pas de marionnettes, des personnages animés en 3D), eux même dérivés de feu l'émission satirique britannique Spitting Image. Et surprise (pour Wrath), le président Bling-Bling y fait une apparition remarquée:
(via ASI)
A lire aussi ici, Gaylor ayant été plus rapide que moi pour partager la nouvelle :-p
Joyeux anniversaire: quelques chiffres pour se souvenir
vonric | 04 mai, 2008 12:57
Quelques chiffres:
- Coût estimé officiellement à $600 milliards, mais selon Joseph Stiglitz (prix Nobel d'économie) entre $3000 et $5000 milliards, en tout cas le Congrès budgette entre $1000 et $2000 milliards.
- Une prédiction initiale totale de l'administration Bush de $60 milliards en 2002 (d'ailleurs, peu de temps après, le conseiller Lawrence Lindsey qui annonça entre 2 et 3 fois plus - et par an - se fit virer).
- 4000 morts américains (plus que pour les attentats du World Trade Center)
- Entre 100 000 et 1,2 millions de la population locale tuée (les chiffres varient énormément car aucune comptabilisation n'est effectué, on s'en fout).
- Une image des Etats Unis peut être à jamais écornée dans le monde.
Cela a démarré il y a 5 ans. Voilà le bilan de la guerre en Irak, faite, faut-il le rappeler, sur le prétexte de l'éradication de la menace imminente d'armements de destructions massives. Merci monsieur Bush, l'histoire s'en souviendra.
Et pour se remémorer cela, voici sans doute le film le plus complet (4h30 tout de même) : on vous conseille chaudement d'installer confortablement les coussins et de plonger ici.
Mise à jour 06/05/08: Attention, il y a d'autres anniversaires ce mois ci,
ici et
là
Jeudi on vote (mise à jour avec résultats!)
vonric | 28 avril, 2008 10:42
Amusant
article dans le IHT du 1er avril (et non, ce n'était pas un poisson),
présentant la course à la mairie de Londres et s'attardant plus
longuement sur le challenger de Ken Livingstone, à savoir Boris
Johnson. Et le quotidien n'est pas tendre pour ce dernier, au vu du
vocabulaire employé :
Un
clown gaffeur et à la chevelure rebelle a-t'il des chances de remporter
la mairie de Londres, cette agglomération grande comme ving fois Paris,
et 9 millions d'habitants ? Il semble que oui si l'on en croit la
plupart des sondages. En tout cas c'est en lui que le parti
conservateur a mis tous ses espoirs. Et peut être en effet faut-il une
personne un peu extra-ordinaire, une espèce de Goofy/Dingo de la
politique pour pouvoir déloger Ken le rouge de la mairie de Londres,
qu'il incarne depuis même avant Margaret Thatcher (je vous parle d'un
temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître... [1]). Une sorte de bouffon, ou une truffe chauviniste comme l'a récemment décrit un ministre du gouvernement de sa majesté.
Vous pensez que j'exagère ? Que nenni ! Boris Johnson s'est un jour lui même décrit (selon le IHT) avec les mots suivant : "beneath the carefully constructed veneer of a blithering buffoon, there lurks a blithering buffoon",
ce qui peut se traduire par : sous l'aspect savamment construit d'un
bouffon, se tapit un bouffon. Un jour en direct à la télévision, il a
répondu sur son portable : "je ne peux pas te parler maintenant, je suis à la télé". Celui qui a admis avoir trompé sa femme, après avoir nié vigoureusement, accusant ses détracteurs de propager des sornettes [balderdash],
il semble avoir un réel talent pour offenser les gens. Cet ancien
éditeur du Spectator a ainsi écrit que la ville de Portsmouth était remplie de drogues, d'obèses et de parlementaires du Labour.
"C'est très britannique de prétendre être stupide quand on ne l'est pas", déclare ainsi au IHT un fermière du sud de l'Angleterre ("c'est très britannique aussi de tromper sa femme",
ajoute-t'elle - ah bon ?). Boris Johnson s'est ainsi forgé un précepte : "mes amis, ainsi que je l'ai découvert moi même, il n'y a pas
de désastres, seulement des opportunités. Et en effet des opportunités
pour de nouveaux désastres".
Est-ce que ce personnage de truffe gaffeur (truffe se dit twit en
anglais - avec Johnson on apprend plein de vocabulaire !
) aura
raison du règne de Ken Livingstone ? Réponse jeudi soir, car ce dernier a peut être raison de déclarer : "cette élection n'est pas le jeu TV Big Brother ; il y a de sérieux enjeux" (quoique, vu le tournant de la politique actuelle et du traitement médiatique ...)
[1] ® Charles Aznavour
Mise à jour 06/05/08: Pour répondre à
gaylor1 (désolé du retard, je me suis offert un weekend de beuverie en Allemagne
), le gagant est..... brrrrrrrr (roullement de tambour): Boris Johnson!!!!!
Résultats définitifs:
| Johnson |
CON |
1,168,738 |
34% |
| Livingstone |
LAB |
1,028,966 |
30% |
| Paddick |
LD |
878,097 |
25% |
| Berry |
GRN |
409,101 |
12% |
| TOTAL |
|
3,484,902 |
100% |
Et voici les résultats du vote avant le décompte des seconds choix (STV):
| Boris
Johnson (Tory) |
1,043,761 |
43.20% |
| Ken Livingstone (Lab) |
893,877 |
37.00% |
| Brian Paddick (Lib Dem) |
236,685 |
9.80% |
| Sian Berry (Green) |
77,374 |
3.20% |
| Richard Barnbrook (BNP) |
69,710 |
2.89% |
| Alan Craig (Christian Choice) |
39,249 |
1.62% |
| Gerard Batten (UKIP) |
22,422 |
0.93% |
| Lindsey German (Left List) |
16,796 |
0.70% |
| Matt O'Connor (Eng Democrats) |
10,695 |
0.44% |
| Winston McKenzie (Ind) |
5,389 |
0.22% |
| TOTAL |
2,415,958 |
100.00% |
Les résultats pour les sièges de l'assemblée de Londres sont :
CON, 8 constituencies, 3 top-up, 11 total
LAB, 6 constituencies, 2 top-up, 8 total
LD, 3 top-up, 3 total
GRN, 2 top-up, 2 total
BNP, 1 top-up, 1 total
Changement depuis ‘04:
Con : +2
Lab : +1
Lib : -2
Grn : n/c
BNP : +1
UKIP: -2
J'ai été agréablement surpris par le discours de Boris Johnson au soir de son élection, louant les talents et le "commitment" de son adversaire à la tête de Londres. Je ne suis pas étonné des résultats : non seulement les sondages annonçaient une bataille serrée, mais il est normal que les Londoniens en ai eu un peu assez du finalement très contesté Red Ken, figure de proue de Londres depuis presque 30 ans ! (rappelons que mis à part l'époque où Margaret Thatcher, fatiguée de cet opposant, décida de supprimer le poste, Ken Livingstone était à la tête de Londres depuis 1981).
Quand aux commentaires sur les sondages eux même, et la bataille qui se jouait entre MORI Ipsos et Yougov, je vous laisse lire Anthony qui l'analyse bien mieux que moi.
Qui sera gagnant le 1er mai ?
vonric | 20 avril, 2008 13:15
Alors que les Français iront flâner (si le temps le permet) et
profiteront d'une journée de repos, alors que les Allemands de
Stuttgart commenceront les festivités du festival de la biere (j'y
serais le 2), certains Anglais iront voter le 1er mai pour élire le
maire du Grand Londres.
Pour la petite histoire, le Grand Londres, inclut 32 borough
pour former le Greater London qui couvre presque 1600 km2 et contient
7,5 millions d'habitants (attention, la comparaison parait ridicule :
Paris ne fait que 86 km2 - en excluant les bois de Vincennes et
Boulogne). Les habitants de Londres élisent au suffrage direct les
membres du Greater London Authority, l'assemblée qui dirige la
métropole, ainsi que le maire (directement élu depuis 2000).
Ken Livingstone
(Labour party) était à la tête du GLC (Greater London Council) de 1981 à 1986. La rumeur nous apprend que celui qui était surnommé Red-Ken ou
Ken Le Rouge énerva tellement Margareth Thatcher, que celle ci décida
tout simplement de supprimer le GLC (et nomma un Ministre de Londres en
remplacement !). Pour bien faire les choses, ce qui fut le bâtiment de
la prestigieuse Mairie de Londres devint un Aquarium...et un MacDo
(pour vous faire une idée, imaginez ça dans l'Hôtel de Ville de Paris).
C'est avec l'arrivée du New Labour au pouvoir en 1997 que le système
change quelques années plus tard et Londres retrouve son assemblée et
son maire élu au suffrage direct. Camouflet pour Blair, ce ne fut pas
Frank Dobson, le candidat du Labour, qui fut élu, mais Red-Ken le
retour (qui se présentait en indépendant, fâché avec son ancien parti ;
avec sa victoire, ce dernier lui pardonna d'ailleurs rapidement).
Bref,
voici Ken Livingstone élu en 2000, puis confortablement réélu en
2004... et à nouveau devant les électeurs en 2008. Je ne présenterai pas
son bilan (j'ai déjà parlé de ses résultats dans les transports), mais je préfère m'attarder sur les différents sondages trouvés ces dernieres semaines:
Le
sondage de YouGov (pour le Evening Standard [1]) de début avril montre
Boris JOHNSON [Conservatives] 49%, Ken Livingstone [Labour]
36%, Brian Paddick [LibDems] 10%. Donc +13 points d'avance pour
Boris Johnson. Comme le système de vote tient compte des seconds choix,
la prise en compte de ces derniers donne Johnson 56.
Boris
Johnson semble donc sur de l'emporter, et les conservateurs de mettre
(enfin) la main sur la mairie de Londres. Sauf que... sauf que YouGov
est le seul à prévoir cette tendance, alors que les autres instituts de
sondage, à l'image de Ipsos MORI (pour Unison), montre Ken Livingstone
avec une légère avance, ou au coude à coude avec Boris JOHNSON 40%, Ken LIVINGSTONE
41%, Brian PADDICK 14%. Et la répartition des seconds choix
(STV) confirme cette tendance avec un petit avantage pour Ken à 51% contre
49% pour Boris.
Quel que soit l'issu du vote, le 1er mai au soir certain(s) sondeur(s) vont pleurer !
[1] Rappelons juste ici que le ES est un des journaux les plus critiques
par rapport a Ken Livingstone... cela et le résultat du sondage sont-ils
liés ?
Bis repetita
vonric | 13 avril, 2008 15:30
7 mois plus tard, même constat. Après l'inauguration en grande pompe du nouveau terminal T5 à Heathrow (une merveille de technologies, des boutiques en veux tu en voilà, une solution réservée à British Airways qui va enfin mettre fin au cauchemard des passagers et à la réputation de l'aéroport qui perds le plus de bagages au monde : la reine elle-même s'émerveille) et les déclarations confiantes du propriétaire, BAA :
"Heathrow's owner, BAA, said it expected the new baggage system at T5 to work "perfectly""
le constat est amère, mais non inattendu : la moitié des vols annulés dès la première journée, les bagages introuvables ou qu'il faut attendre 4 heures avant de pouvoir les récupérer, les passagers laissés sans aucune aide, manquant leur vol, de trop nombreux desk sans opérateurs (que dire quand même les employés de l'aéroport ne savent rien ? Pendant la formation, on leur a seulement dit qu'ils verraient bien comment ça cafouille marche le moment venu).
Un lecteur du site de la BBC commente:
Why is it when anything big in Britain is built it's over budget and does not work properly!
... on m'ôte les mots de la bouche ! (et quand je pense qu'ils sont chargés des JO de 2012...)
En attendant, devant une situation qui dure et des bagages qui s'empilent, les BA a décidé d'envoyer ceux ci à trier dans un autre aéroport. Mais lequel ? En Ecosse au début de la crise, puis à Milan (pour les passagers européens) puis 1 semaine après le début de la crise, aux Etats Unis (pour les américains)... en espérant cette fois que le bagage su passager américain ne se retrouve pas a Milan et inversement, ce dont on ne peut être sur !
PS: au fait, une chose n'a pas été oubliée : il parait que pour la première fois tous les passagers doivent laisser leur empreinte digitale avant de prendre l'avion. Cela parait tellement extravagant que même l'organisme officiel a réagit, le Information Commissioner's Officedemandant à l'opérateur BAA d'expliquer en quoi le nouveau procédé s'insère dans les lois britanniques existantes !