La guerre en Iraq et le meurtre d'Oullins
vonric | 03 avril, 2006 23:40
Samedi 25 mars j'ai pris l'Eurostar dès potron-minet (enfin pour un samedi !). Comme je suis Frequent Traveller (je me disais depuis longtemps qu'il fallait que je place ça dans un article
, je suis passé au salon faire la collecte des journaux à lire pendant le voyage. Le Figaro (si si, c'est gratos), l'Equipe, Libé et le Monde. Parmis ces derniers j'ai relevés deux articles que j'ai trouvé particulièrement intéressant à partager.
Le premier dans Le Monde, est titré : La stratégie militaire américaine explique l'échec en Irak.
- POURQUOI l'armée américaine a-t-elle perdu la phase de stabilisation de l'Irak ? Après que la phase de coercition a atteint ses objectifs, l'US Army n'a pas changé ses méthodes vis-à-vis de la population, continuant à privilégier la force et ne cherchant pas à se faire accepter par elle. Si elle a agi ainsi, c'est parce que toute la culture militaire américaine, et l'enseignement dispensé à chaque soldat, poussent à cette logique. [...]
Pour souligner cette différence de culture, il faut apparemment rechercher celle-ci au sein même du code du soldat.
Le code de valeurs de l'armée américaine (The Soldier's Creed) énonce : "I am a Warrior and a member of a team. I serve the people of the United States and live the Army Values.[...] I stand ready to deploy, engage, and destroy the enemies of the United States of America in close combat.I am a guardian of freedom and the American way of life. ".
Le code du soldat français est bien différent : "Maître de sa force, il respecte l’adversaire et veille à épargner les populations.
Il obéit aux ordres, dans le respect des lois, des coutumes de la guerre et des conventions internationales. [...] Il est ouvert sur le monde et la société, et en respecte les différences.".
Ceci n'explique pas tout, mais peut, peut-être, apporter des pistes de réflexion.
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Autre article, dans Libération cette fois ci, sans aucun rapport, si ce n'est que j'ai envie aussi de réagir la dessus dans le blog : Oullins, un meurtre toujours sans mobile apparent.
On en a beaucoup moins entendu parler que lors de l'affaire Ilan Halimi, pourtant il s'agit du meurtre d'un arabe, Chaib Zehaf, et beaucoup pensent au crime raciste. Quatre jours après, une marche silencieuse est organisé avec près de mille personnes (on est bien loin des dizaines de milliers des personnes qui avaient défilé il y a 1 mois). Alors que le Mrap demande que "la circonstance aggravante de crime raciste soit prise en compte", le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) freine, doutant à ce stade du caractère raciste du meurtre. Révélation du sentiment communautaire, un adolescent, ami de Chaib, aurait dit : "Aujourd'hui, pour passer à la télé, faut être un canard mort, ou un Juif mort".
Au final, la piste du crime raciste pourrait être la motivation première dans l'assassinat (les policiers ont retrouvé un insigne de la croix gammée chez l'homme mis en examen) alors que cette expression n'a pas été retenue comme première cause dans le cas Halimi.
Toute banalisation du racisme est à rejeter avec véhémence, mais il faut aussi prendre garde à ne pas tomber dans le piège communautarisme, et donner prise aux "deux poids, deux mesures" que l'on peut à juste titre dénoncer ici.