Pourquoi la Banque d'Angleterre ne peut plus trop faire fluctuer ses taux à la hausse
vonric | 29 mai, 2006 13:34
On n'est pas prêt de voir la Banque d'Angleterre mener une politique de taux fort, j'en prend le pari. En effet, comme toutes les banques nationales, elle doit veiller non seulement à endiguer les tentatives inflationistes, mais aussi à encourager la croissance et la santé économique du pays. Or, qui dit relèvement des taux, dit coût du crédit plus élevé, et surtout coût du remboursement des dettes actuelles plus élevées.
CDC Ixis produit une étude avec des graphiques qui parlent d'eux mêmes :

On voit bien ici que la dette des ménages anglais atteint des sommets vertigineux (bientôt trois fois supérieure à celle des Français). Chaque augmentation des taux bancaires (via la fluctuation du taux de la banque centrale) a donc un impact trois fois plus élevé en Grande Bretagne, et touche de plein fouet en priorité les revenus les plus modestes qui usent et abusent des cartes de crédit à la consommation (coût 12.9% APR minimum) qui leurs sont fournies gratuitement par les banques, les magazins, les chaines de distribution... etc (on croule sous les offres).
En comparaison un mouvement à la baisse est possible, si on prend en compte la corrélation de l'économie britannique avec le continent européen, ou si on rêve envisage une entrée lointaine future du Royaume Uni dans l'euro : le taux de référence la Banque d'Angleterre est de 4,5% contre 2,5% pour la Banque Centrale Européenne. Dans les hypothèses évoquées ci-dessus les taux doivent converger, la marge de manoeuvre de la Bank of England est donc importante.
Mais l'institution britannique doit aussi arbitrer entre l'encouragement à la consommation des ménages pour soutenir la croissance, et la modération des prix de l'immobilier qui ont tendance à bouillonner Outre-Manche. Des rumeurs existent sur l'opportunité d'une petite baisse cet été (ce qui irait à contre courant avec les attentes du côté de la BCE), mais quoi que décide la BoE, sa marge est très réduite.
A minima c'est une bonne nouvelle pour les détenteurs de crédit immobilier qui sont presque exclusivement à taux variable au Royaume Uni.
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