Damned, des immigrés (en Angleterre) !
vonric | 27 août, 2006 18:40
Nouveau (? - on se souvient du slogan du parti conservateur lors des dernières élections municipales : "Talking about immigration is not racist"
cheval de bataille de la droite (extrème) anglaise : les immigrés. Non seulement les communautés musulmanes au vue de la menace terroriste actuelle, mais aussi les pays d'Europe de l'Est récemment admis dans l'Union Européenne.
La campagne est même très violente puisque la presse tabloid (dite de caniveau - sic!) en devient enragée :
- The Sunday Express : "HIV Children bringing Timebomb to Britain" (sur la Roumanie)
- The Sun : British workers have already lost half of their wages as a result of eastern European migration.
- Daily Star : "Immigrants to Flood In"
- Daily Express : "Poles Flood In"
Le plat est écoeurant et indigeste!
Heureusement le Independent d'hier remettait les points sur les i :
"The positive impact of the influx of migrant workers from eastern Europe on the British economy has enabled Gordon Brown to hit his growth targets, according to a new study.
[...]
Business leaders also called for Britain to maintain its open-door policy for key foreign workers. Business for New Europe, which counts the former Tory minister Leon Brittan as well as chief executives and chairmen from blue-chip companies including Reuters, Carphone Warehouse, Sainsbury and the London Stock Exchange on its advisory panel, said further migration was a " cause for celebration, not cowardice".
[...]
Migration had exerted a downward push on wage rates, which may have aided Britain's international competitiveness and helped to keep interest rates low."
... et tout ceci au moment où on nous dit : Tories to abandon hardline immigration policy... de là à penser qu'une certaine presse d'influence essaye de faire pression sur la politique anglaise...
Le corollaire de ceci est de voir que c'est maintenant le parti de Tony Blair qui s'alarme de l'immigration en Grande Bretagne, évoquant la fatigue de la population face à cette situation. Décidemment c'est le monde à l'envers, preuve que le Labour a bien changé, pour le pire, sous l'impulsion de son beloved leader.
Les jeunes Britanniques se voient vivre ailleurs
vonric | 21 août, 2006 03:07
Les jeunes Britanniques se voient vivre
ailleurs : c'est un titre qui laisse songeur lorsqu'on pense aux sirenes alarmistes des déclinologues francais qui vantent l'herbe si verte dans le royaume de Tony Blair. C'est aussi le titre d'un article du Monde qui fait parler de lui puisque la nouvelle est aussi reprise (avec 2 semaines de retard) par le Figaro (avec un titre plus affirmatif : fini le reve, les jeunes Britanniques quittent leur pays).
On apprend qu'actuellement, plus de 4,5 millions de Britanniques résident hors du Royaume-Uni. Destinations de choix, tout d'abord les pays du Commonwealth, où ils bénéficient automatiquement d'un permis de travail, mais aussi les Etats Unis où malgré la difficulté du visa, la facilité de communication les attire. Mais ils sont aussi de plus en plus nombreux à s'expatrier en Europe où ils bénéficient de la libre circulation des travailleurs : il y en a environ 200 000 en France et le même nombre en Espagne.
Plus fort même, un quart des sujets de Sa Majesté âgés de 18 à 25 ans souhaitent vivre et travailler à l'étranger et le nombre de ceux qui
sont prêts à un départ immédiat à doublé par rapport à 2003. Il y a d'ors et déjà plus de Britanniques vivant à l'étranger que d'étrangers vivant en Grande-Bretagne.
Pourquoi les jeunes d'Albion tournent-ils le
dos à leur prospère pays, dans lequel ils auraient certainement trouvé du
travail demande le journal Le Monde ? Les futurs émigrants invoquent le souhait de bénéficier d'une
meilleure qualité de vie. Ils citent pêle-mêle la cherté de la vie, la
difficulté d' acquérir un logement, la hausse de la fiscalité et l'indigence des
services publics, en particulier les transports et le système de soins. Par ailleurs, concernant les retraités qui s'expatrient, cela souligne bien sur la crise des fonds de pension. Presque sans épargne mais avec un capital immobilier qu'il peuvent vendre à bon prix, aller à l'étranger apparait comme la solution la plus convenable pour vivre leurs vieux jours.
Le Figaro met en avant un argument que je trouve de première importance (et oui, même dans le Figaro
: l'exil des jeunes actifs tiennent [...] à la mondialisation de l'économie qui les
incitent à avoir une expérience internationale. Le « gap-year », année
sabbatique qui se prend avant ou après ses études, est même devenu un
passage quasiment obligé pour les jeunes.
Tout est parti d'un article de la BBC : More Britons consider move abroad.
Autre sujet concernant nos voisins, allemands cette fois ci, Le Figaro écrit aussi : De plus en plus d'Allemands travaillent hors de leurs frontières (décidemment ils doivent faire une série...)
Le Figaro écrit : facteur aggravant, ce sont les éléments les plus actifs et les plus qualifiés de la population qui s'en vont. Les expatriés ont en effet en majorité entre 20 et 40 ans [...] les experts estiment que ce sont avant tout des personnes diplômées qui quittent l'Allemagne. On pourrait remplacer Allemagne par France, et on croirait lire ce sirop que nous font avaler les déclinologues français.
Mais les même causes produisent souvent les même analyses. Ainsi on peut lire sur l'exode allemand : Toutefois, ces départs ne signifient pas forcément une expatriation durable. Une expérience à l'étranger est aujourd'hui indispensable dans la carrière d'un cadre supérieur [...] C'est un des effets de la mondialisation.
Et oui, au temps de Stendhal ou de Balzac, Rastignac et Lucien de Rubempré montaient à Paris (s'expatrier dans la grande ville). Aujourd'hui, grace (et non à cause) de la construction européenne et de la mondialisation, les jeunes populations les plus dynamiques vont à la rencontre de découvertes et d'expériences internationales. L'Union Européenne, qui a comme principe la libre circulation des populations, est leur terrain de prédilection.
Qui s'en plaint ? En priorité, sinon à paraïtre illogique, ceux qui ont voté non au dernier traité européen, ceux qui se plaignent que nos chères têtes blondes (ou brunes) soient obligées (les pauvres !) d'aller passer un peu de temps en dehors des frontières françaises.
Copenhague-Londres: 22 heures !
vonric | 14 août, 2006 02:06
Voila résumé en quelques mots mon périple de la fin de semaine : 22 heures pour rejoindres Londres en train, en partant de Copenhague. Un coup de folie ? Pas vraimment... !
C'est dans l'après midi de jeudi, alors que je devais prendre l'avion à Copenhague pour revenir sur Londres, que j'apprends la nouvelle des perturbations dans les aéroports britanniques. Coup de téléphone à l'aéroport : mon avion a au minimum 3 heures de retard, peut être plus, et sans garantie de décollage. J'essaye de me rabattre sur un autre vol vers Bruxelles, mais plus de place. Je laisse tomber la solution Air France avec un place à 750 euros pour Paris
. Finalement je pense rester à Copenhague, mais là aussi il y a un problème : plus une place dans les hôtels que j'appelle.
C'est un collègue qui me trouve la solution : train de nuit Copenhague-Cologne, puis Thalys Cologne-Bruxelles puis Eurostar Bruxelles-Londres. Départ 19h. Arrivée sur Londres : fin de matinée vendredi. Ca me parait ok (c'est aussi 2 fois moins cher que l'avion, même en faisant tout en première).
Sauf que le train de nuit est arrivé 1/2h en retard et j'ai donc loupé le Thalys de 7h15 à Cologne. Le suivant était à 10h15, arrivée prévue a 12h30. Sauf qu'il est arrivé a 12h50 et j'ai donc loupé de quelques minutes l'Eurostar de 13h... Le suivant était à 15h, arrivée sur Londres 2h30 après.
Au final en 22h croyez moi que j'ai eu le temps de lire des dizaines de jorunaux relatant les évènements. Et là, deux réactions me viennent à l'esprit:
- BRAVO au MI5 et à la police britannique qui a fait du bon boulot.
- CARTON ROUGE (et même écarlate) au Home Office : alors que l'enquête durait depuis 8 mois, que deux suspects ont été arrêtés il y a 15 jours au Pakistan, peut-on me dire :
- Pourquoi n'a-t'on pas averti les aéroports (les autorités compétentes de BA en tout cas) aux premières heures qui ont suivi les arrestations, afin de profiter des dernières heures de la nuit (avant l'ouverture des aéroports) pour mettre en place des procédures.
- Pourquoi justement aucune procédure n'était-elle prévue depuis des mois?
- Pourquoi, même dans l'urgence, n'a-t'on pas justement envoyé aux aéroports britanniques des consignes pour gérer la crise dès les premières minutes.
- Pourquoi, alors que les explosives sont à base de poudre/liquides, interdit-on les appareils électroniques (même les clefs de voitures !). S'ils font office de détonateurs, à quoi sert un détonateur sans explosif ?
- Pourquoi interdit-on les étuis à lunettes, les stylos, les feuilles de papier, les livres ?
Je prends l'avion à Gatwick demain matin. Le vol de 2h sera long, mais je n'ose pas imaginer celui d'une famille avec enfants se rendant en Californie depuis Londres, sans la possibilité d'avoir aucun bagage de cabine.
Bravo le gouvernement.... et pendant ce temps, comme le note le Times de Londres, notre ami Tony est en vacances.
