Les jeunes Britanniques se voient vivre ailleurs
vonric | 20 août, 2006 21:07
Les jeunes Britanniques se voient vivre
ailleurs : c'est un titre qui laisse songeur lorsqu'on pense aux sirenes alarmistes des déclinologues francais qui vantent l'herbe si verte dans le royaume de Tony Blair. C'est aussi le titre d'un article du Monde qui fait parler de lui puisque la nouvelle est aussi reprise (avec 2 semaines de retard) par le Figaro (avec un titre plus affirmatif : fini le reve, les jeunes Britanniques quittent leur pays).
On apprend qu'actuellement, plus de 4,5 millions de Britanniques résident hors du Royaume-Uni. Destinations de choix, tout d'abord les pays du Commonwealth, où ils bénéficient automatiquement d'un permis de travail, mais aussi les Etats Unis où malgré la difficulté du visa, la facilité de communication les attire. Mais ils sont aussi de plus en plus nombreux à s'expatrier en Europe où ils bénéficient de la libre circulation des travailleurs : il y en a environ 200 000 en France et le même nombre en Espagne.
Plus fort même, un quart des sujets de Sa Majesté âgés de 18 à 25 ans souhaitent vivre et travailler à l'étranger et le nombre de ceux qui
sont prêts à un départ immédiat à doublé par rapport à 2003. Il y a d'ors et déjà plus de Britanniques vivant à l'étranger que d'étrangers vivant en Grande-Bretagne.
Pourquoi les jeunes d'Albion tournent-ils le
dos à leur prospère pays, dans lequel ils auraient certainement trouvé du
travail demande le journal Le Monde ? Les futurs émigrants invoquent le souhait de bénéficier d'une
meilleure qualité de vie. Ils citent pêle-mêle la cherté de la vie, la
difficulté d' acquérir un logement, la hausse de la fiscalité et l'indigence des
services publics, en particulier les transports et le système de soins. Par ailleurs, concernant les retraités qui s'expatrient, cela souligne bien sur la crise des fonds de pension. Presque sans épargne mais avec un capital immobilier qu'il peuvent vendre à bon prix, aller à l'étranger apparait comme la solution la plus convenable pour vivre leurs vieux jours.
Le Figaro met en avant un argument que je trouve de première importance (et oui, même dans le Figaro
: l'exil des jeunes actifs tiennent [...] à la mondialisation de l'économie qui les
incitent à avoir une expérience internationale. Le « gap-year », année
sabbatique qui se prend avant ou après ses études, est même devenu un
passage quasiment obligé pour les jeunes.
Tout est parti d'un article de la BBC : More Britons consider move abroad.
Autre sujet concernant nos voisins, allemands cette fois ci, Le Figaro écrit aussi : De plus en plus d'Allemands travaillent hors de leurs frontières (décidemment ils doivent faire une série...)
Le Figaro écrit : facteur aggravant, ce sont les éléments les plus actifs et les plus qualifiés de la population qui s'en vont. Les expatriés ont en effet en majorité entre 20 et 40 ans [...] les experts estiment que ce sont avant tout des personnes diplômées qui quittent l'Allemagne. On pourrait remplacer Allemagne par France, et on croirait lire ce sirop que nous font avaler les déclinologues français.
Mais les même causes produisent souvent les même analyses. Ainsi on peut lire sur l'exode allemand : Toutefois, ces départs ne signifient pas forcément une expatriation durable. Une expérience à l'étranger est aujourd'hui indispensable dans la carrière d'un cadre supérieur [...] C'est un des effets de la mondialisation.
Et oui, au temps de Stendhal ou de Balzac, Rastignac et Lucien de Rubempré montaient à Paris (s'expatrier dans la grande ville). Aujourd'hui, grace (et non à cause) de la construction européenne et de la mondialisation, les jeunes populations les plus dynamiques vont à la rencontre de découvertes et d'expériences internationales. L'Union Européenne, qui a comme principe la libre circulation des populations, est leur terrain de prédilection.
Qui s'en plaint ? En priorité, sinon à paraïtre illogique, ceux qui ont voté non au dernier traité européen, ceux qui se plaignent que nos chères têtes blondes (ou brunes) soient obligées (les pauvres !) d'aller passer un peu de temps en dehors des frontières françaises.