Le jour où j'ai faillit m'étrangler
vonric | 24 septembre, 2006 21:59
30 août 2006. Attablé au petit déjeuner, en trempant ma tartine beurre-confiture dans mon café (ben oui, je suis français...), je lisais rapidemment un article intitulé "The best public transport system in the world?" dans le Independent. Et c'est là que l'accident faillit survenir, en lisant ce passage : "London had been voted the best city in the world for public transport [...] London was voted best by a quarter of respondents in a survey conducted by the TripAdvisor company. It was followed by New York (16%) and Paris (12%). Los Angeles came bottom."
Il se trouve que j'ai déjà utilisé les 3 premiers systèmes cités. L'article aurait été publié un 1er avril, j'aurais trouvré ça très fin. En septembre, soit c'est une blague (de mauvais goût), soit je pense qu'on peut définitivement éliminer TripAdvisor de la liste des agences sérieuses (j'espère qu'ils n'ont pas été payé avec l'argent des usagers, ni celui des contribuables). Le directeur de la communication de TripAdvisor, Michele Perry, a déclaré : " London's public transport service gets a lot of bad press but it seems that the international travelling community think it's the tops all round, even taking into account that it is also thought to be the most expensive." Ben voyons ! Moi je dis que c'est un appel au meurtre ; de la pure provocation !!
Le jour ou l'étude a été publiée, il y avait une grêve sur une des lignes les plus surchargé de la capitale ; des travaux perturbaient la Picadilly allant a Heathrow ; plusieurs 'signal failure' interrompaient (comme d'habitude) certaines sections. A cela vous ajouterez que les villes britanniques on le plus bas taux d'investissement dans les transports publics par rapport à leurs voisin Européens. Et bien sur, le prix : une carte mensuelle coûte £85.30 (125,50€) à Londres contre 52,50€ à Paris, un ticket coûte £3 (4.50€ !!!!!) comparé à 1,40€ à Paris. Merci la privatisation et la gestion politique des transports anglais !
Et justement, au sujet des tarifs : après la hausse de 50% (oui, vous avez bien lu) du ticket de métro en janvier dernier, on croyait que la fièvre haussière du maire de Londres se serait calmé (rappelons que la profession de foi du maire Ken Livingston lors de la campagne en 2001 promettait de geler les prix des transports en terme réel pendant 4 ans. Ils ont augmenté au contraire de £1.70 à £3 de 2001 à 2005 soit 75% d'augmentation pendant la période).
Belle erreur ! On apprend que Ken Livingston nous prépare un joli cadeau de fin d'année : le prix du ticket de métro augmentera de £3 à £4 (pourquoi si peu, pourquoi pas £5 ou £10 pour le droit d'utiliser the best transport system in the world ?). Le prix des bus devrait lui augmenter de £1.50 à £2.
Si les utilisateurs de cartes Oyster voient l'inflation tarifaire être plus modérée, rappelons que les compagnies de trains ne permettent toujours pas d'acquérir ces cartes... au moins jusqu'à la renégociation de leur contrat privé avec l'Etat !
Enseignement des langues: ...et la raison revint.
vonric | 17 septembre, 2006 22:24
Il y a deux semaines je consacrais une note aux résultats désastreux de la politique du New Labour en matière d'enseignement des langues étrangères.
Apparemment je n'étais pas le seul à m'alarmer des résultats de la politique de notre chère Tony (à ce propos je conseille de lire le commentaire de Pomette en bas de l'article). Jeudi 14 spetembre, à la lecture du site de la BBC, j'apprend ainsi que : "Government ministers are said to be reconsidering their decision to drop compulsory language lessons for England's GCSE students".
Et il est de bonne guerre de citer le Secrétaire à l'Education Alan Johnson : "ministers were wondering whether they had done the right thing". Il y a 2 semaines il déclarait pourtant : "We have taken a sensible approach to what will make language learning thrive."
Si ce complet reviremment se confirme, on ne peut qu'applaudir... et penser tristement aux 2 années perdues et aux 30% d'étudiants anglais qui ont stoppé depuis lors l'apprentissage d'une langue étrangère sous les directives blairistes.
J'ose penser ici que le New Labour, sentant sa fin proche, se décide enfin à écouter les avis et prendre conseil autour de lui...
Les trains en Grande Bretagne - Partie 1
vonric | 10 septembre, 2006 18:49
Avec la privatisation de British Rail par le gouvernement de John Major il y a 10 ans, le réseau britannique fut éclaté en des dizaines de sociétés qui devaient (en théorie selon les Tories de l'époque) se faire concurrence et s'émuler. On connait le résultat. La société qui gérait le réseau ayant plus ou moins fait faillite, celle ci a été remplacée par une entreprise "non-profitable" semi-publique nommée National Rail. Dans le secteur du fret, il n'y a plus qu'une compagnie qui contrôle 100% du service. Reste les trains qui se partagent entre 3-4 opérateurs, et les sociétés privées qui assurent l'entretien et les travaux.
Ces sociétés privées sont très friandes des contrats avec l'Etat (les fameux PPP - Partenariat Public-Privé) car ils leur assurent de confortables revenue (l'entreprise dégage plus d'1 million de Livres Sterling de profit par semaine de la part de London Underground), sans risque ... Quel gouvernement britannique pourrait imaginer voir les trains stopper si la société qui les fait rouler fait faillite ?
Dans la série des "grands travaux" pour tenter de limiter la décrépitude du réseau de transport ferré londonnien, le consortium privé Metronet s'est vu confier la réhabilitation de la plus petite ligne de Londres (deux stations, Waterloo-City), avec la promesse de finir les travaux et réouvrir la ligne le 1er septembre 2006. Promis, juré, c'était même marqué sur le site de la société, avec un décompte : fermée totalement(*) depuis le 31 mars (5 mois et un cauchemard quotidien pour ses 40.000 usagers travaillant dans la City) la Waterloo-City line devait être remise en service précisemment à 6h15 vendredi 1er septembre.
Et bien patatra : "it is understood that there have been last-minute problems with the signalling" apprend-t'on le 31 août. Penser-vous que Metronet aura des pénalités de retard ? Non bien sur, ca ne marche que dans une sens ou le contribuable paye ; elle aurait probablement eu une prime pour avoir finit en avance. Alors que dans le même temps on a encore les signaux de la Victoria line à refaire, qu'on vient juste de terminer des bouts de District line, que la Central Line a été stoppée plusieurs mois il y a 3 ans, qu'avant c'était le tour de la Circle Line...etc. Et comme il faut bien payer toutes ses compagnies qui se gorgent de profits, le prix du métro Londonien a augmenté de 50% en janvier dernier !
(*) à priori pour diviser le temps des travaux (et donc le règlement) par moitié ; la solution alternative aurait été de les faire se dérouler durant les weekends exclusivement. Je n'ose pas imaginer que l'on ait préféré le confort financier de Metronet à celui des usagers de la ligne de métro...
De l'apprentissage des langues étrangeres en Grande Bretagne
vonric | 03 septembre, 2006 18:51
Au moment où viennent de tomber les résultats du GCSE (équivalent du Brevet des collèges), avec un nouveau record de réussite: 98,1% de passage, on peut lire le même jour un article alarmiste sur le site de la BBC : Languages 'at point of no return' Entries this summer in German were down by 14.2%, while French declined by 13.2% and Spanish by 0.5%.
Et les deux constations paraissent en parties correllées. C'est en effet au nom des fameuses targets, chères au New Labour de Tony Blair, que le gouvernement décida en 2004 de supprimer l'épreuve de langue étrangere au GCSE.
Raison officielle: la mise en place d'un apprentissage des langues étrangeres dès la primaire, encourageant les élèves à choisir d'eux même de poursuivre leur cursus dans ce sens. ["We have taken a sensible approach to what will make language learning thrive. It is not about forcing young people to study a language; it is about starting in primary schools, finding new and exciting ways of teaching languages and better supporting those who show an aptitude for the subject." - Education Secretary Alan Johnson]
Raison officieuse: les épreuves de langue donnaient de si mauvais résultats qu'elles faisaient baisser les objectifs du gouvernement ; la solution était donc de les supprimer !
A la place les élèves choisissent... média, film et TV (il n'y a pas encore de sujet l'Ile de la tentation ou Big Brother) : +25.9% d'inscrits cette année.
John Dunford, de l'Association of School and College Leaders a déclaré : "Fourteen-year-olds are disadvantaging themselves in the job market by giving up languages and the number of language teachers is declining. I think we have now passed the point of no return for languages in secondary schools". Et Steve Sinnott, general secretary of the National Union of Teachers, aurait ajouté : "Languages had to be made compulsory again".
Vraiment ? Mais pourtant le gouvernement nous dit que ...