Les trains en Grande Bretagne - Partie 1
vonric | 10 septembre, 2006 12:49
Avec la privatisation de British Rail par le gouvernement de John Major il y a 10 ans, le réseau britannique fut éclaté en des dizaines de sociétés qui devaient (en théorie selon les Tories de l'époque) se faire concurrence et s'émuler. On connait le résultat. La société qui gérait le réseau ayant plus ou moins fait faillite, celle ci a été remplacée par une entreprise "non-profitable" semi-publique nommée National Rail. Dans le secteur du fret, il n'y a plus qu'une compagnie qui contrôle 100% du service. Reste les trains qui se partagent entre 3-4 opérateurs, et les sociétés privées qui assurent l'entretien et les travaux.
Ces sociétés privées sont très friandes des contrats avec l'Etat (les fameux PPP - Partenariat Public-Privé) car ils leur assurent de confortables revenue (l'entreprise dégage plus d'1 million de Livres Sterling de profit par semaine de la part de London Underground), sans risque ... Quel gouvernement britannique pourrait imaginer voir les trains stopper si la société qui les fait rouler fait faillite ?
Dans la série des "grands travaux" pour tenter de limiter la décrépitude du réseau de transport ferré londonnien, le consortium privé Metronet s'est vu confier la réhabilitation de la plus petite ligne de Londres (deux stations, Waterloo-City), avec la promesse de finir les travaux et réouvrir la ligne le 1er septembre 2006. Promis, juré, c'était même marqué sur le site de la société, avec un décompte : fermée totalement(*) depuis le 31 mars (5 mois et un cauchemard quotidien pour ses 40.000 usagers travaillant dans la City) la Waterloo-City line devait être remise en service précisemment à 6h15 vendredi 1er septembre.
Et bien patatra : "it is understood that there have been last-minute problems with the signalling" apprend-t'on le 31 août. Penser-vous que Metronet aura des pénalités de retard ? Non bien sur, ca ne marche que dans une sens ou le contribuable paye ; elle aurait probablement eu une prime pour avoir finit en avance. Alors que dans le même temps on a encore les signaux de la Victoria line à refaire, qu'on vient juste de terminer des bouts de District line, que la Central Line a été stoppée plusieurs mois il y a 3 ans, qu'avant c'était le tour de la Circle Line...etc. Et comme il faut bien payer toutes ses compagnies qui se gorgent de profits, le prix du métro Londonien a augmenté de 50% en janvier dernier !
(*) à priori pour diviser le temps des travaux (et donc le règlement) par moitié ; la solution alternative aurait été de les faire se dérouler durant les weekends exclusivement. Je n'ose pas imaginer que l'on ait préféré le confort financier de Metronet à celui des usagers de la ligne de métro...