Apprendre une langue étrangère ? Du pur snobisme !
vonric | 23 décembre, 2006 12:45
Je rentrais la semaine dernière de Copenhague. Assis dans le train me rammenant sur Londres, je laissais mon regard errer (j’écoutais le Podcast du Masque et la Plume du dimanche précédent) ; je jette un coup d’oeil sur mon vis a vis, une jolie jeune fille, très classique BCBG, un foulard noué autour du coup. La classe (elle pourrait être française... hormis ces horribles chaussures-chaussons dont sont affublées les jeunes anglaises
). Elle est en train de lire un journal... le Guardian. Au moment où mon équipe du Masque se fait incendier par les auditeurs sur sa critique du film Babel [1], mon regard est accroché par un titre, parlant apparemment de snobisme... je déchiffre (c'est pas facile à l'envers, lorsqu'elle cache une partie du titre de l'article en lisant le journal): It is sheer snobbery to make teenagers study languages. Oh oh, de l'humour ? Au vu de ma connaissance de la langue de Shakespeare, je pense que le titre aurait été différent s'il s'était voulu humoristique et je me dis qu'il faudrait jeter un coup d'oeil sur l'édition en ligne pour voir de quoi il retourne.
Depuis, ça m'était sorti de la tête... jusqu'à la lecture du blog de Nico [le sujet est l'enseignement des langues étrangères à l'école].
Dans cet article, Wilby nous explique donc que seuls les snobinards pensent qu'il est nécessaire (et obligatoire) d'apprendre une langue étrangère lorsqu'on est anglais. En fait il applique à l’enseignement des langues le principe des biens de consommation : l'individu est libre de son choix. En poussant le raisonnement, un gamin de 11 ans devrait être libre de décider d’aller à l’école ou non, d’apprendre l’histoire ou la physique… etc. A partir du moment où il sait (car dès 11 ans il sait évidemment ce qu'il veut faire le reste de sa vie, par exemple être pompier, policier ou docteur) que s’il ne va pas à l’école il aura du mal à avoir un travail et augmentera ses chances d'être pauvre toute sa vie, l'auteur pense qu’il doit avoir le pouvoir de décider.
Il reconnaît aussi que ça peut ne pas marcher (vraiment ?). Et alors, que fait-on ? Bah, tant pis… il sera trop tard.
Heureusement tout le monde ne pense pas comme lui. Agnès Poirier lui a répondu sur le même média :
To brand foreign language study snobbish and useless is to open the way to one's own decadence.
Je pense donc que le Père Noël devrait déposer une saine lecture (en anglais bien sur
) sous le sapin de Peter Wilby, afin de lui permettre de méditer pendant ces quelques jours de repos sur d'autres snobs, qui devaient eux aussi penser qu'il était inutile d'apprendre les cultures étrangères alors que le Latin dominait leur monde : History Of The Decline And Fall Of The Roman Empire
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L'Ecosse en passe de devenir indépendante ?
vonric | 17 décembre, 2006 21:00
En 1707, l'Act of Union scellait les épousailles entre l'Angleterre et l'Ecosse. Trois cents ans, cela devrait vous cimenter un mariage. Or un sondage réalisé par l'institut ICM début novembre révèle qu'une majorité d'Ecossais, 51 % exactement, souhaitent l'indépendance.
Le Scottish National Party est bien placé pour devenir le premier parti du Parlement écossais, en mai prochain. Les derniers sondages montrent en effet des intentions de vote suivantes :
Constituency vote:
- SNP 36%(+10),
- LAB 29%(-1),
- LDEM 16%(-4),
- CON 14% (nc),
- Others 6%
Regional vote:
- SNP 30%(+7),
- LAB 26%(+2),
- CON 15%(+2),
- LDEM 15%(-4),
- GRN 8%(-3),
- SSP 3%(-4),
- Solidarity 1%(+1)
Dans les deux cas il semble qu'il suffise aux Scottish National Party de s'allier avec les Liberal Democrats (qui ne veulent plus s'allier avec le Labour) et les Green pour diriger l'Ecosse. Rappelons ici que cela est possible car contrairement à l'Angleterre et aux élections du Parlement du Royaume Uni basé à Westminster, les élections écossaises sont basées sur un système de représentation proportionnelle.
Une telle alliance conduite par le SNP en tête, permettrait à celui ci d'organiser un référendum sur l'indépendance... Après 11 ans d'un Tony Blair né à Edimbourg et élevé près de Glasgow aux commandes en terre anglaise, et avec Gordon Brown, qui habitait Edimbourg, en passe de devenir leader du Labour party et (hypothétique) futur Premier Ministre, les écossais ont toutes les raisons de penser que ceux d'entre eux qui s'exilent plus au sud ne peuvent plus représenter leur pays.
William Wallace, alias Braveheart, a dû offrir une tournée de whisky au paradis des héros. Depuis le XIIIe siècle qu'il attendait sa revanche sur les troupes du roi d'Angleterre !
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Londres a-t'il sous-estimé son effort financier pour obtenir les JO ?
vonric | 10 décembre, 2006 21:52
Un lecteur me demandait le mois dernier de parler du futur coût des jeux olympiques à Londres en 2012.
A la question Londres a-t'il sous-estimé son effort financier pour obtenir les JO ? la réponse semble aujourd'hui OUI !
Plusieurs articles se font échos maintenant des coûts qui, 1 an 1/2 après la candidature et 5 ans 1/2 avant les jeux eux même , semblent déjà dériver de façon vertigineuse.
Le budget présenté à l'origine par les Britanniques au CIO était de £2.4 milliards. Il est déjà certain que £500 millions doivent être ajoutés notamment pour renforcer la sécurité (sous-estimé à l'origine, de l'aveu même du gouvernement), améliorer les transports (tiens tiens) ... et parce qu'on aura tout de même un peu d'inflation
.
Par ailleurs le gouvernement a annoncé que £400 millions supplémentaires seraient dépensés pour payer un organisme (Compliance and Oversight Group - COG) en charge de s'assurer de la maîtrise des coûts ! On marche sur la tête, et une chose est sur, celui qui va maîtriser ses coûts est la société qui va mettre ces fonds dans sa poche.
Avec tout ça, on est déjà à une augmentation de 40% du budget, mais on parle en fait d'un total de £5 milliards à moyen terme et les plus pessimistes allant même jusqu'à plus de £9 milliards. Jack Lemley(ancien patron du Tunnel sous la Manche - un autre gouffre budgétaire), responsable de l'Olympic Delivery Authority (ODA), a d'ailleurs été viré démissionné en critiquant à la fois le budget et les retards (il aurait reçu £150,000 pour se la fermer sur le coût réel des Jeux).
Il paraitrait aussi que le CIO s'apprête à lancer un enquête sur la dérive des coûts.
Le NCE pose la question: "Comment un budget initialement prévu pour £2.4 milliards s'élève à £9 milliards avant même qu'une seule pierre n'ait été posée ?" La discussion est principalement centrée sur le coût engendrés par les dépassements de budget. Le maire de Londres a prévu +20%, les intervenants sur le projet réclament au moins +30% de marge, le gouvernement (qui a l'expérience de projets passés comme l'extension de la Jubilee Line) projette +60%.
| Item | Best case (£M) | Worst case (£M) |
| Permanent venues | 499 | 526 |
| Temporary venues | 123 | 130 |
| Infrastucture | 1056 | 1112 |
| Olympic village | 500 | 551 |
| Regeneration | 1000 | 1500 |
| Security | 317 | 794 |
| Delivery Partner | 400 | 400 |
| Total | 3896 | 5012 |
| Seven year tender inflation | 4% | 6.5% |
| Total 2012 | 4451 | 6154 |
| & 20% contingency | 5341 | 7384 |
| & 30% contingency | 5786 | 8000 |
| & 60% contingency | 7121 | 9846 |
| TOTAL + VAT 17.5% | 8367 | 11570 |
Source NCE
Bien entendu le maire de Londres n'est pas d'accord, parlant de £250 milliards au lieu de 400 pour la société en charge de surveiller les coûts, et que la plupart des autres dépenses sont en fait liées au développement de la future zone, à la construction de 35.000 maisons qui seront revendues avec profit après les jeux ; "there would be no increase in the £20 a year for 12 years each London council tax payer will pay" a-t'il déclaré. Comme on connait malheureusement son bilan lorsqu'il parle tarifs, on a toutes les raisons d'être très très très inquiet ! Et les Londoniens ne s'y trompent pas puisque 79% reconnaissent qu'ils payeront plus que ce que ne dit le maire, et 65% pensent même qu'ils devront éponger tous les débordements financiers. L'enseignement à tirer étant : "le Londonien est lucide".
Pour finir sur une note d'humour, le Mail révèle cette semaine que même l'horloge qui décompte le temps avant l'ouverture le 27 juillet 2012 ne s'y retrouve plus dans les chiffres et a 48 jours d'avance !
En ce moment, en tant que Français, je ne peux m'empêcher de penser : "hé hé, on l'avait bien dit !". 
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Réforme 2 l'ortografe in Scotland
vonric | 03 décembre, 2006 16:43
Encore une perle un caillou trouvée sur Channel.
Moi qui croyais que la boulimie de réformes irresponsables, idiotes, honteuses pour le pays était surtout engendrée par l'équipe de Mr Anthony Blair (comme on dit dans le Monde Diplomatique
) me voilà bien pris à défaut par une nouvelle provenant d'un coté que l'on croyait plus raisonnable depuis la Auld Alliance.
La Scottish Qualifications Authority va autoriser les élèves à rendre leurs copies écrites en langage SMS. Oui, parfaitement ! C'est bien relaté tout en détail dans le Guardian et par le Times. Je grasse.
Those marking exams are no longer presented with neat, comprehensible scripts, but with pages and pages of C U l8r, heavily illustrated with emoticons, those smiley or gloomy faces so beloved of teenagers, who probably have no idea that emoticons were originally made up of punctuation marks. In Scotland today, children presenting such scripts go unpenalised.
Many young teachers are not conversant with the rules of English themselves. “All those rules stunt creativity” has been the great cry of the past 30 years. We are told that only snobs care about the misuse of “few” and “less”, for example, and that children should be allowed to write and spell as they speak.
C'est probablement ce qu'on appelle le débilitantisme fossé générationel... Pour éviter ça, organisons la lutte. Ne nous laissons pas faire par ces jeunes c...!