La méthode Sarko
vonric | 29 avril, 2007 13:17
Voilà un exemple typique de la méthode Sarko : de l'agitation devant le caméra de télé (sinon ça sert à rien), et ensuite aucun suivit.
Vous vous souvenez sans doute du problème causé par le centre de réfugiés de Sangatte dans le Pas de Calais. A l'époque, le problème de l'immigration était un sujet sensible en Grande Bretagne renforcé par une campagne de la presse de caniveaux contre l'insouciance française "qui se débarrassait de tous ses réfugiés en Angleterre". Heureusement Sarko était ministre de l'intérieur, il a pris le problème à bras le corps, et devant toutes les télés, a fait fermer le centre. On était le 5 novembre 2002, belle démonstration de la méthode Sarko.

Mais si depuis la fin de l'année 2002, le centre de la Croix Rouge ne recevait plus de nouveaux réfugiés, ces derniers continuaient d'affluer en France pour tenter de gagner l'Angleterre (et oui, il ne suffit pas de fermer une structure, il faut aussi se demander ce qu'on fait des gens). Situation très difficile à gérer pour le Nord de la France, mais qui semblait passer inaperçu, puisque les télés et avec elles Sarkozy (à moins que ce ne soit l'inverse) s'étaient détournées de la question.
Et comme notre Ministre de l'Intérieur avait d'autres chats à fouetter, beaucoup plus médiatiques, ce qui devait arriver arriva : un nouveau centre devrait voir le jour, afin que les associations humanitaires puissent enfin aider plus efficacement les réfugiés laissés à eux mêmes dans les rue de Calais, et qui ne se sont pas détournés du Nord pour autant. On s'insurge beaucoup en Angleterre actuellement, dans l'indifférence française, campagne présidentielle de Sarkozy oblige
.
Car ne nous y trompons pas, la vrai solution n'est pas le coup médiatique et la fermeture d'un batiment, mais beaucoup plus complexe, elle passe par la mise en place d'une politique d'immigration et de règles communes européennes. Mais l'Europe, c'est beaucoup moins télégénique pour certains... 
(Lire la suite de l'article)
Eugénisme
vonric | 22 avril, 2007 15:06
Suite à certaines positions du gouvernement britannique (ou de Tony Blair, il est vrai que c'est parfois un peu différent), et après la lecture d'un très bon blog, j'avais moi aussi l'intention de m'insurger contre les tendances autoritaires et eugénistes du royaume. Mais à peine ais-je mes yeux critiques posés sur l'île, les politiciens français me rappellent qu'eux aussi peuvent parfois marcher sur la tête !
Tout d'abord, retour sur ce qui se passe chez Albion. L'article du Independent (en français ici) date de septembre 2006 et nous décrit la nouvelle idée de Tony Blair : détecter les enfants à problèmes dès avant leur naissance et forcer les mères à accepter l'intervention de l'Etat dans leur éducation (pour leur laver le cerveau suggère Channel ?)
The Prime Minister said it was possible to predict problem children "prebirth" in some cases. He suggested that single mothers might be forced to accept state help before their children were born under the plans to tackle a hard core of more than one million "socially excluded" people. [...]
His initiative could mean that families who refuse to co-operate would lose state benefits or have their children taken into local authority care more swiftly.
Plus proche de nous, toujours en Angleterre, je lisais le mois dernier dans le Telegraph que le ministère de l'éducation prévoyait de faire passer des tests aux enfants dans leurs premières années, et même dès avant leur premier anniversaire. J'imagine déjà les bébés en rang d'oignons remettre leur copie et attendre le résultat ? Passeront-ils en classe supérieure ? 
British babies will be given marks for crying, gurgling or babbling under the Government's new curriculum for 0-5 year olds.
All nurseries must follow the guidelines, which state that babies should "communicate in a variety of ways, including crying, gurgling, babbling and squealing" in the first year, and that three-year-olds must start citizenship lessons to grasp that "people have different, needs, views, cultures and beliefs.”
Pour reprendre un peu la liste des examens que devra passer notre apprenti étudiant (et attention à la sanction s'il y a échec !), voici quelques points :
- Dans sa première année l'enfant devra savoir communiquer de divers façons, y compris en babillant, pleurant...etc.
- Entre 8 et 20 mois ils doivent commencer à émettre des sons pour désigner les objets.
- Vers 3 ans et 4 mois, l'enfant devra commencer à prendre des "leçons" sur la vie en société, apprenant notamment à respecter les différentes cultures et croyances (sic!).
- Vers l'age de 3 ans, il devra commencer à lire, à reconnaître des sons et des lettres.
- ...etc.
Un fabuleux programme... pas de pression.
Et voilà que de l'autre coté du channel, notre ennemi Sarkozy, peut être par contagion (est-il atteint de blairite aigüe ?) se laisse lui aussi aller à des interprétations eugénistes du comportement humain... ça promet !
Durée du travail et mesure du chômage
vonric | 15 avril, 2007 10:39
A la lecture de l'excellent blog de Laurent Gerby, je retrouve quelques éléments qui s'ajoute à ma réflexion sur le traitement des chiffres du chômage des deux cotés de la Manche.
Je cite:
J'ai toujours eu du mal à réconcilier les chiffres assemblés sur Travail, chômage et société et le tableau habituel de l'OCDE ou on trouve la France bonne dernière : 1535 heures annuelles pour la France, 1672 heures au UK, etc... Un article de La Tribune du vendredi 23 février page 31 me donne la réponse, je cite:
[...] Mais cette comparaison est trompeuse du fait d'un manque d'harmonisation des données collectées. Un fait que le très officiel Centre d'Analyse Stratégique (CAS, ex-Commissariat au plan), organisme rattaché au Premier ministre, soulignait dans sa note de veille numéro 37 (PDF). Le CAS explique ainsi que, s'agissant de la France l'OCDE s'appuie sur les données "conformes à la comptabilité nationale" qui ne tiennent pas compte des "heures supplémentaires individuelles et des heures supplémentaires non rémunérées" ... Or ces mêmes heures sont en revanche prises en compte au Royaume-Uni. [...]
En regardant le dernier tableau synthétique (incluant temps partiel et temps effectif) de l'article "Plus d'emplois créés en France qu'en Angleterre en 15 ans" en 2005 il y avait 904.10 millions d'heures effectivement travaillées par semaine en France et 911.90 millions au UK, soit un écart de moins de 1%. Pour référence, le chômage en 2005 est de 9.5% en France et 4.7% au UK (a population très proches), donc un bon facteur deux sur la mesure du chômage a "travail égal", ce qui ne fait qu'abonder sur la faiblesse conceptuelle et l'inutilité pratique de la mesure du chômage tel qu'actuellement défini. Lire aussi "Durée du travail : 32h en angleterre" et relire ce billet.
CQFD, merci Laurent ! 
Le renouveau de la cuisine anglaise... au cannabis
vonric | 08 avril, 2007 20:12
J'étais pour la première fois a Amsterdam le mois dernier... et j'ai été très impressionné par l'odeur (le bruit et les odeurs aurait dit Chirac
) de la ville. Oui, pour tous ceux qui y sont déjà allés, cela peut paraître évident : Amsterdam a une odeur... de cannabis 
On en parle peu en France (quoique j'ai entendu à la radio récemment que la moitié des jeunes français consommaient du cannabis occasionnellement, et 1 sur 10 régulièrement), mais c'est un sujet qui revient de temps en temps en Grande Bretagne : à savoir si David Cameron a consommé du cannabis et quand (franchement en France ça le rendrait sympathique de savoir qu'il a déjà fumé un joint quand il avait 19 ans
).
Mais au pays du fish and chips, je ne savais pas que certains poussaient l'expérimentation culinaire jusqu'au recettes au cannabis. Ainsi une grand-mère anglaise récidiviste, qui cuisinait avec du cannabis pour lutter contre la dépression, a été condamnée en mars. La petite mamie cuisinait de la soupe et des biscuits au cannabis 
Elle a aussi indiqué à la police que son congélateur était rempli de plats cuisinés et de glaces contenant du cannabis, qui n'ont pas été confisqués pour ne pas la priver de nourriture ! Ajouter du cannabis à une tasse de chocolat chaud est parfais, parait-il, pour lutter contre la dépression.
La fracture sociale... britannique
vonric | 01 avril, 2007 10:33
Au royaume de Tony Blair, le Labour New Labour n'a pas vraiment tenu ses promesses en terme social... c'est le moins que l'on puisse constater à la lecture des journaux britanniques ces temps ci: pères absents, violence, drogue, arrestations, prison... le quotidien des jeunes britanniques dans certains quartiers du Royaume. Ceci alors même que c'était l'une des priorités de Blair lors de son arrivée au pouvoir (on a vu depuis ce qui s'est aussi passé avec une autre de ses priorités).
"When you live in Wythenshawe, you don't expect any better" nous dit David Williams, un jeune homme de 17 ans, qui a arrêté l'école à 14 ans, vole quand il peut et ne compte plus ses arrestations. Le Daily Telegraph nous livre une description de la situation très sombre dans un article début mars: "a breakdown in families, an absence of respect for authority, the prevalence of drugs, drunkenness, truancy, vandalism and petty criminality — are common across Britain."
Et pour tous ceux qui pensent encore que l'exemple britannique est le nec plus ultra à suivre, l'article du Telegraph International Heral Tribune nous rappelle qu'en Février, la Grande Bretagne est arrivée dernière d'un rapport de l'Unicef utilisant 40 indicateurs comme la pauvreté relative, la santé et les relations familiales, pour mesurer le bien être des enfants dans 21 pays industrialisés.
L'article souligne aussi (comme il a déjà été dit très souvent sur ce blog) l'écart le gouffre croissant entre riches et pauvres. Selon le groupe Save the Children, le Royaume Uni, quoique 4ème puissance économique du monde, détient l'un des pires taux de pauvreté des jeunes dans les pays industrialisés, avec près d'1/4 des enfants vivants dans la pauvreté et 1/10 vivant en très grande pauvreté.
Un autre article de la libre Belgique fait d'ailleurs un constat similaire :
"Voilà la face cachée du Nouveau Labour. Selon des statistiques enfouies dans les bureaux de l'administration, 1,24 million de Britanniques, âgés de 16 à 24 ans, ne font strictement rien : ils ne sont ni à l'école, ni au travail, ni dans un centre de formation professionnelle.
[...]
Il existe maintenant 1,24 million de jeunes Britanniques, âgés de 16 à 24 ans, qui ont entièrement disparu de la carte : ils ont quitté l'école, n'ont pas encore pénétré dans le secteur de l'emploi et ont tourné le dos aux programmes de formation professionnelle lancés par le gouvernement travailliste. Loin d'être en voie de disparition, cette "génération perdue", ainsi que l'appelle l'opposition conservatrice, a augmenté de 15 pc depuis 1997 et l'arrivée au pouvoir de M. Tony Blair et de son "Nouveau Labour". Cette augmentation est plus marquée encore pour les jeunes de 16 à 17 ans : ils sont estimés à 216 000 contre 170 000 il y a dix ans."
Est-ce la situation enchanteresse vers laquelle nos politiciens français souhaitent nous emmener ?
(Lire la suite de l'article)