Et dire que j'en parlais il y a 2 ans
vonric | 12 août, 2007 22:59
Voila, pour une fois je vais vous raconter deux trois choses un peu personnelles, (et qui n'ont rien à voir avec le Royaume Uni ou le monde anglo-saxon) ; ça permet de planter le décors. Lorsque je suis à Paris, j'ai mes habitudes dans le 17ème arrondissement, à coté de la station Villiers. C'était d'ailleurs ce dernier point qui faisait l'objet de mon premier poste il y a 2 ans. Il dérogeait un peu de ce qui est devenu la norme sur ce blog la plupart du temps : une analyse politico-sociale de l'Angleterre, en liaison si possible à des évènements similaires en France (ou plutôt quelques réflexions personnelles que j'aime mettre en forme, ça permet d'ordonner mes pensées parfois confuses
).
Bref donc à l'époque je venais de voir la station de métro Villiers changer d'aspect, montrant le visage d'une station pilote où il n'est plus possible d'acheter son billet autrement que par machine, et où les guichetiers sont devenus des personnels d'accueil et d'information uniquement. L'honnêteté m'oblige à reconnaître que deux ans plus tard, les avancées promises en terme de moyens de paiement ont été mises en place (paiement en billet possible et recharge des pass Navigo). Ce n'est pas suffisant car on peut malheureusement constater que les machine n'acceptent pas la plupart des cartes étrangères tout simplement parce qu'elles n'ont pas de puce (ça fait désordre pour la capitale du tourisme). En tout cas, en réponse à un commentaire de Nico je disais "Tu verras que cette histoire ressortira peut être lorsque la RATP aura transformé la majorité des stations et que les médias s'y intéresseront...".
Et bien je suis tombé sur un article de Libération là dessus fin juin. L'article pose cette fois ci la question de la fracture numérique :
"A Alésia, comme dans 75 stations du métro parisien, les agents ne sont plus habilités à vendre les titres de transport. Il y a toujours des employés aux guichets, mais leur fonction a changé : les anciennes caisses ont été rebaptisées «comptoirs d’information». Leur tâche est de communiquer avec les usagers. Ça fait moderne. Mais pour se procurer des tickets, c’est la machine ou rien. La direction de la RATP prévoit à l’horizon 2010 d’étendre cette automatisation à la plupart des 300 stations du métro parisien. La vente manuelle serait préservée dans une cinquantaine de sites, en particulier aux arrêts desservant les gares SNCF. Cette «modernité» à marche forcée imposée aux usagers est évidemment problématique dans un service public qui brasse le plus grand nombre.
Depuis quelques années, en effet, de nombreuses études alertent sur l’apparition d’une nouvelle exclusion fondée sur les disparités de maîtrise des nouveaux outils technologiques. [...]. Parmi les exclus : les personnes très âgées, les étrangers, et des Français issus de couches socioculturelles défavorisées maîtrisant mal la lecture. [...]
Quid des gens en difficulté ? «Les agents sont là pour les aider.» Ce qui fait d’eux des voyageurs en situation de dépendance, donc. «On n’avait jamais jusqu’ici contraint les usagers à l’utilisation d’appareils automatiques», pointe Stéphane Ferry, un des responsables CGT des agents. En poste dans une station automatisée, il raconte que les employés des «comptoirs d’information» subissent fréquemment les foudres d’usagers fâchés avec les machines. «Ils nous disent : si vous ne pouvez pas me vendre un billet qu’est ce que vous faites là ?» Un témoignage qui montre une réalité moins idyllique que les «sondages qualitatifs» de la direction."
En conclusion citons le commentaire d'un lecteur (thalyssette) qui résume bien mon opinion (je grasse) :
"Je n'ai rien contre les distributeurs automatiques et il est vrai que les machines sont parfois plus aimables que certains guichetiers... Mais il devrait quand même y avoir vente au guichet ET distributeur. Je ne suis pas une personne âgée, ni une analphabète, ni une angoissée devant les nouvelles technologies, mais je ne vis plus en France. Donc, il m'est arrivé de devoir prendre un ticket au distributeur, sans monnaie le distrib n'accepte pas les billets, et ma carte Visa belge n'était pas reconnue (problème de puce je suppose) au distributeur. De plus, lorsque vous êtes touriste, étranger ou provincial, à Paris pour quelques jours, vous aimeriez bien connaître la formule la plus avantageuse pour vous balader dans Paris en bus ou en métro, ou en bus métro RER etc, et ça, ce n'est pas la machine qui va vous le dire. Que "Paris Visite" soit moins avantageux que "Mobilis 3 zones" , ou le contraire, pour vos déplacements en proche banlieue pendant 3 jours, c'est le guichetier qui vous le dit. Alors, il faut faire la queue au "guichet d'info' puis refaire la queue au distributeur, pour se rendre compte que vous 'n'avez pas de monnaie et que votre carte visa qui n'est pas franco française n'est pas reconnue par cette brave ratp ? Débile. "
No crocs, no flip flop please
vonric | 12 août, 2007 18:23
Because they are ugly... and also because they are dangerous. So please, London is not a fashion capital, I know that, but at least be cautious!