Jeudi on vote (mise à jour avec résultats!)
vonric | 28 avril, 2008 16:42
Amusant
article dans le IHT du 1er avril (et non, ce n'était pas un poisson),
présentant la course à la mairie de Londres et s'attardant plus
longuement sur le challenger de Ken Livingstone, à savoir Boris
Johnson. Et le quotidien n'est pas tendre pour ce dernier, au vu du
vocabulaire employé :
Un
clown gaffeur et à la chevelure rebelle a-t'il des chances de remporter
la mairie de Londres, cette agglomération grande comme ving fois Paris,
et 9 millions d'habitants ? Il semble que oui si l'on en croit la
plupart des sondages. En tout cas c'est en lui que le parti
conservateur a mis tous ses espoirs. Et peut être en effet faut-il une
personne un peu extra-ordinaire, une espèce de Goofy/Dingo de la
politique pour pouvoir déloger Ken le rouge de la mairie de Londres,
qu'il incarne depuis même avant Margaret Thatcher (je vous parle d'un
temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître... [1]). Une sorte de bouffon, ou une truffe chauviniste comme l'a récemment décrit un ministre du gouvernement de sa majesté.
Vous pensez que j'exagère ? Que nenni ! Boris Johnson s'est un jour lui même décrit (selon le IHT) avec les mots suivant : "beneath the carefully constructed veneer of a blithering buffoon, there lurks a blithering buffoon",
ce qui peut se traduire par : sous l'aspect savamment construit d'un
bouffon, se tapit un bouffon. Un jour en direct à la télévision, il a
répondu sur son portable : "je ne peux pas te parler maintenant, je suis à la télé". Celui qui a admis avoir trompé sa femme, après avoir nié vigoureusement, accusant ses détracteurs de propager des sornettes [balderdash],
il semble avoir un réel talent pour offenser les gens. Cet ancien
éditeur du Spectator a ainsi écrit que la ville de Portsmouth était remplie de drogues, d'obèses et de parlementaires du Labour.
"C'est très britannique de prétendre être stupide quand on ne l'est pas", déclare ainsi au IHT un fermière du sud de l'Angleterre ("c'est très britannique aussi de tromper sa femme",
ajoute-t'elle - ah bon ?). Boris Johnson s'est ainsi forgé un précepte : "mes amis, ainsi que je l'ai découvert moi même, il n'y a pas
de désastres, seulement des opportunités. Et en effet des opportunités
pour de nouveaux désastres".
Est-ce que ce personnage de truffe gaffeur (truffe se dit twit en
anglais - avec Johnson on apprend plein de vocabulaire !
) aura
raison du règne de Ken Livingstone ? Réponse jeudi soir, car ce dernier a peut être raison de déclarer : "cette élection n'est pas le jeu TV Big Brother ; il y a de sérieux enjeux" (quoique, vu le tournant de la politique actuelle et du traitement médiatique ...)
[1] ® Charles Aznavour
Mise à jour 06/05/08: Pour répondre à
gaylor1 (désolé du retard, je me suis offert un weekend de beuverie en Allemagne
), le gagant est..... brrrrrrrr (roullement de tambour): Boris Johnson!!!!!
Résultats définitifs:
| Johnson |
CON |
1,168,738 |
34% |
| Livingstone |
LAB |
1,028,966 |
30% |
| Paddick |
LD |
878,097 |
25% |
| Berry |
GRN |
409,101 |
12% |
| TOTAL |
|
3,484,902 |
100% |
Et voici les résultats du vote avant le décompte des seconds choix (STV):
| Boris
Johnson (Tory) |
1,043,761 |
43.20% |
| Ken Livingstone (Lab) |
893,877 |
37.00% |
| Brian Paddick (Lib Dem) |
236,685 |
9.80% |
| Sian Berry (Green) |
77,374 |
3.20% |
| Richard Barnbrook (BNP) |
69,710 |
2.89% |
| Alan Craig (Christian Choice) |
39,249 |
1.62% |
| Gerard Batten (UKIP) |
22,422 |
0.93% |
| Lindsey German (Left List) |
16,796 |
0.70% |
| Matt O'Connor (Eng Democrats) |
10,695 |
0.44% |
| Winston McKenzie (Ind) |
5,389 |
0.22% |
| TOTAL |
2,415,958 |
100.00% |
Les résultats pour les sièges de l'assemblée de Londres sont :
CON, 8 constituencies, 3 top-up, 11 total
LAB, 6 constituencies, 2 top-up, 8 total
LD, 3 top-up, 3 total
GRN, 2 top-up, 2 total
BNP, 1 top-up, 1 total
Changement depuis ‘04:
Con : +2
Lab : +1
Lib : -2
Grn : n/c
BNP : +1
UKIP: -2
J'ai été agréablement surpris par le discours de Boris Johnson au soir de son élection, louant les talents et le "commitment" de son adversaire à la tête de Londres. Je ne suis pas étonné des résultats : non seulement les sondages annonçaient une bataille serrée, mais il est normal que les Londoniens en ai eu un peu assez du finalement très contesté Red Ken, figure de proue de Londres depuis presque 30 ans ! (rappelons que mis à part l'époque où Margaret Thatcher, fatiguée de cet opposant, décida de supprimer le poste, Ken Livingstone était à la tête de Londres depuis 1981).
Quand aux commentaires sur les sondages eux même, et la bataille qui se jouait entre MORI Ipsos et Yougov, je vous laisse lire Anthony qui l'analyse bien mieux que moi.