Crétins - ou le jeux des 7 différences
vonric | 12 juin, 2008 19:13
Vous pouvez jouer ici :

J'ai commenté hier l'article de Jules, qui faisait référence à une news de Jean Quatremer, que j'avais aussi commenté. Aujourd'hui Eolas en rajoute une couche. Tout ceci au sujet de la Une de l'Huma, titrant: Europe : une semaine de travail de plus de 65 heures !
Je vous donne quelques morceau choisis de ce chef d'oeuvre de désinformation:
"Grâce à Nicolas Sarkozy et à son gouvernement, l’Union européenne vient
d’ouvrir la perspective d’une semaine de travail de 78 heures ! Le
crime a été signé hier à l’aube, à Bruxelles, au terme d’une réunion
des ministres de l’Emploi des 27 pays membres
[...]
L’accord conclu hier fait sauter toute limite de temps : « l’opt-out
est pérennisé ad vitam eternam et peut désormais être généralisé »,
note Guy Juquel, du secteur Europe de la CGT. Le gouvernement de
Londres, qui bataillait ferme pour en arriver là, avec son homologue
irlandais et l’appui de la
[...]
Et il reste que la France vient de se distinguer en vidant un peu plus
de son contenu une Europe sociale déjà réduite à une très faible
expression, en faisant de la semaine des 60 heures (et plus) la
référence européenne".
Du grand n'importe quoi ! Tout d'abord qu'est ce que cela va changer ? Pour les Français, RIEN. Pour les Britanniques, qui pouvaient aller jusqu'à 78 heures par semaine grâce à une clause d'opt-out sur le temps de travail dans les précédents traités, cela signifie une amélioration des normes sociales.
Et
oui. Grâce a l'Europe, le social progresse : c'est EXACTEMENT l'inverse
de ce que nous écrit l'Humanité, dans la grande tendance des journaux
anti-européens, nonistes de toujours, qui ne s'accordent sur rien si ce
n'est de dire NAN!. Quoi de commun entre l'Humanité et le Sun britannique ? NAN à l'Europe.
Pour ceux qui souhaitent comprendre où est le progrès, je ne saurais que les inciter à lire l'article du journal Le Monde (je grasse) :
"Après des années de blocage, les Vingt-Sept ont maintenu la durée maximale de 48 heures par semaine. Afin de rallier le Royaume-Uni, ils ont néanmoins confirmé, tout en
l'encadrant, la dérogation défendue par les pays les plus libéraux, qui
permet à un salarié de travailler davantage que ce plafond."
Et pour aller plus loin (les plus courageux), reportez vous à la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail :
"Article 3 Repos journalier: Les États membres prennent
les mesures nécessaires pour que tout travailleur bénéficie, au cours
de chaque période de vingt-quatre heures, d'une période minimale de
repos de onze heures consécutives.
Article 6 b) la durée moyenne de travail pour chaque période de
sept jours n'excède pas quarante-huit heures, y compris les heures
supplémentaires. - 1. Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que tout
travailleur bénéficie d'un congé annuel payé d'au moins quatre semaines." (ayons ici une pensée pour les Etats Unis et remercions d'être dans l'union Européenne).
Seul le Royaume Uni avait obtenu une clause d'opt-out:
"Article 22 - 1. Un État membre a la faculté de ne pas appliquer l'article 6"
En
vertu de quoi l'Angleterre permettait d'aller jusqu'à 78 heures (7
petites journées de plus de 11 heures de travail... quand on aime, on
ne compte pas). Alors que la directive citée ci dessus doit être
renégociée, le Royaume Uni souhaite tout simplement maintenir sa
possibilité de travailler comme un forçat... Et par la négociation, les
pays opposés à cet opt-out (parmi lesquels la France, l'Espagne, la
Suède) ont obtenu que même en
cas d'accord de dépassement des 48 heures posés par la directive, un
maximum de 65 heures soit respecté, si le salarié donne son accord, et
à condition que la loi garantisse que le salarié ne subira pas de
préjudice sur sa carrière s'il ne donne pas son accord, qu'un registre
soit tenu de ces périodes de travail et puisse être communiquées aux
autorités à leur demande, et que la période de onze heures entre deux
périodes de travail soit respectée.
Bon,
maintenant que vous vous réjouissez, je me dois de réfréner votre
enthousiasme : ce n'est encore qu'un projet de loi, et il doit encore
être validé par le Parlement européen (session de décembre 2008 ).
Pour terminer je laisse la parole à Eolas :
"Bref : un énième mensonge noniste, ou la énième preuve qu'ils ne
comprennent rien à ce qu'ils jugent et condamnent, je ne sais pas
lequel est le pire (au moins, un menteur peut s'arrêter de mentir, de
temps en temps). L'Europe veut nous soumettre pieds et poings liés à
l'ultralibéralisme ? Non, c'est tout le contraire. Mais que vaut un
argument face à un cliché ?
Mais voyez : leur message a pris quelques minutes à être proféré.
Entre convaincus, pas besoin de démonstration. Il m'a fallu près de
deux heures pour rédiger ce billet et faire les recherches pour vous
mettre les liens vers les documents pertinents. Vous voyez pourquoi
c'est un combat perdu d'avance ? Parce que mes adversaires ne
s'adressent pas à la raison, mais à la peur, à l'inquiétude, donnent
quelques liens vers un article en langue étrangère et hop le tour est
joué."
Hymen et virginité, on n'en parle pas qu'en France
vonric | 12 juin, 2008 17:34
On en a énormément parlé, de façon réfléchie ici, ou brouillonne et hors du contexte [1] bien souvent ces derniers temps en France. Tout cela semble démarrer avec un fait divers, l'annulation d'un mariage.
A la lecture du IHT d'hier, je découvre pourtant que tout ceci n'est pas un événement franco-français qui arriverait comme un cheveu sur la soupe. Ici nous apprenons que l'hyménoplastie est en fait plus répandue qu'on ne le croit, tarifée $2900 (selon le IHT, 2700 euros selon Envoyé Spécial de France2) à Paris, mais bien moins cher dans des cliniques en Tunisie ou au Maroc. La photo illustrant l'article du IHT est celle du docteur officiant dans une clinique privée à Paris, que l'on retrouve dans ce documentaire:
Et ce sujet, loin d'être le propre de la France (quoique les mauvaises langues pourraient penser que la proximité des dates fasse croire à une campagne de promotion organisée
), la virginité à tout prix et de la réparation d'hymen est le sujet d'un film qui sort en Italie cette semaine : "Women's hearts" de Davide Sordella, qui raconte l'histoire d'une femme née au Maroc et vivant en Italie qui se rend à Casablanca pour l'opération.
[1] Les époux sont séparés depuis plus de deux ans, mais l'opinion publique, les médias, les politiques...veulent les rémarier. Pourtant le mariage (évenement public) est une chose privée, il faudrait demander en priorité l'avis des parties concernées ? Nan, on s'en fout !
Carla, son nouvel album et la presse anglaise
vonric | 12 juin, 2008 13:58
Un billet vite fait, à la manière de Versac
: Suivre le lien sur ASI pour tout savoir sur les derniers commentaires sur Carla, vue par la presse anglaise.