Et un milliard, un !
vonric | 26 octobre, 2008 21:11
A la facture actuelle des JO de Londres (passée du budget initial de £2.4 milliards à 9 milliards quelques mois plus tard avant qu'une seule pierre n'ait été posée), il semblerait qu'il faille y ajouter une milliard supplémentaire : à l'heure de la crise de crédit actuel, le Guardian nous révèle que le village des athlètes des JO de 2012, après avoir été réduit (et oui messieurs-dames, il faudra se serrer dans les chambres) pourrait être complètement nationalisé, car les banques qui devaient mettre la main à la poche ont actuellement de groooos soucis.
Prochaine étape : le centre de presse (£400 millions) sera-t'il construit avec des fonds privés ? Ici encore, rien n'est moins sur...
Et d'autres très gros soucis pourraient rapidement s'ajouter. En effet, Businessweek du 18 août souligne que de nombreux sponsors des JO pourraient ne plus s'engager. En effet un récent sondage effectué auprès de 1500 chinois montre que seuls 50% peuvent citer 1 sponsor des JO, et 15% peuvent en citer deux. Au regard des 12 sponsors qui ont payé en moyenne 50 millions d'euro, ça fait très cher la campagne... Pour 2012, Lenovo, Johnson&Johnson, Manulife financial et Kodack ont d'ors et déjà décidé de laissé tomber, préférant mieux dépenser, ailleurs.
On a enfin trouvé de vrais terroristes (pas cette bande d'amateurs d'Afghanistan)
vonric | 19 octobre, 2008 11:40
Les banques centrales du monde entier ont donc baissé, de manière concertée, toutes en même temps, leurs taux le mercredi 8 octobre. La dernière fois que cela était arrivé remonte a l'après 11 septembre 2001, lorsque les Etats Unis avaient été frappés par les terroristes d'Al Quaida. Plus de 7 ans sont passés, de nouveaux terroristes sont apparus.
Ah, les saligauds ont bien préparés leur coups. En col blanc (Paul Smith), insérés dans les sociétés occidentales (chez AIG, Lehman, Landbanski ...) depuis des dizaines d'années, ils ont frappés fort, des attentats chimiques toxiques ! Heureusement, les gouvernements se sont faits la main sur ces amateurs d'Al Quaida, et disposent maintenant d'un arsenal de réplique. Gordon Brown et son équipe peuvent donc utiliser, bien à propos, les outils qui conviennent pour lutter contre la crise financière et les banques en faillite : l'Anti-Terrorism, Crime and Security Act, une loi antiterroristes passée en 2001 (et qui n'avait jusqu'à présent attrapé que du menu-fretin). Et ces terroristes ne venaient pas d'Afghanistan, mais se sont formés aux techniques de combat en zone urbaine dans nos meilleures écoles : Oxbridge, Harvard... Ils auraient piqué 1 milliard aux Councils britanniques (qui vont devoir mettre plus de PV pour mauvais stationnement pour boucler leur budget). Et donc l'Anti-Terrorism, Crime and Security Act, a permis
de geler 4 milliards de livres (5 milliards d'euros) appartenant au
groupe islandais Landbanski dont la banque en ligne Icesave, présente
en Grande-Bretagne et auprès de laquelle certaines administrations locales avaient placé nos économies, est en cessation de paiement. Ouf!
J'imagine que ces individus recherchés ont maintenant fuit le pays, probablement réunis avec les cadres dirigeants de l'assureur en faillite AIG dont l'équipe dirigeante est partie en thalasso séminaire dans un palace
californien, au milieu d'un domaine privé qui surplombe la mer, avec plage,
trois piscines et golf. Pour 443 343 $ (repas à 147 000 $, golf à 7 000 $, spa à
23 380 $). Avec l'argent du contribuable américains qui venait de renflouer la société une semaine plus tôt.
Recession
vonric | 12 octobre, 2008 13:44
Depuis la fin de l'été, les titres des journaux britanniques le répétaient en boucle : le Royaume Uni n'échappera pas à la récession à la fin de l'année, mettant ainsi fin à 17 années de croissance ininterrompue [1]. Comme vous pouvez l'imaginer, le climat est des plus morose dans la City. Après les 5000 employés perdus de Lehman Brother près de Liverpool Street, le rachat par la Commerz de l'entité Londonienne de la Dresdner, et les milliers de jobs qui devraient faire les frais de la fusion HBOS-Lloyds TSB, on s'inquiète aussi du futur des banques d'investissement, au premier titre JP Morgan et Morgan Stanley. Et tout cela à cause de quoi ? Notamment du au mécanismes de croissance anglo-saxon (d'abord américain, mais aussi britannique) qui a basé l'essentiel de la croissance de ces dernières années sur le consommation. Celle ci étant alimentée par la hausse de l'immobilier soutenue par le crédit facile. Et lorsque la finance est en crise, c'est tout le pays, qui a construit sa prospérité en sabrant son industrie et développant ses services bancaires qui est soufrant.
On ne saute pas de joie, donc, sur Tower Bridge. Un ami me conseillait hier d'attendre quelques semaines/mois pour faire mes achats ou travaux car les faillites vont se multiplier et les survivants vont brader les prix. Cette atmosphère contraste de façon frappante avec les sirènes de Nicolas Baverez (qui a écrit "l’antilibéralisme est un fléau qui se trouve au principe du déclin et de la régression de la France" et qui est toujours - malheureusement - très écouté de l'Élysée) & co qui pronostiquaient la France qui tombe en 2007, au moment où se multipliaient les émissions de radio où livres vantant les mérites de la réussite anglaise. Ah qu'il semble loin le temps où l'herbe était si verte de ce coté ci de la Manche.
En France, le mot a été laché dans les journaux il y a quelques semaines : la France serait en récession. Le consommateur, frappé au porte monnaie, voyant sa cher chère banque lui refuser son crédit, s'en doutait. Seul le gouvernement garde les yeux fermés. Rappelons la définition du mot récession: deux trimestres consécutifs de variation négative du PIB. Deuxième trimestre = -0.4% ; troisième trimestre = -0.1%. Fort de ces chiffres, le gouvernement français refuse de parler de récession, mais de "croissance négative". Quand je vous disais qu'on nous prend pour des idiots. Il faut dire que question communication, l'exemple vient d'en haut. "J'ai été ministre du budget", a déclaré Nicolas Sarkozy, "je sais comment truquer un budget." (sic !) "Là on dit la vérité". Ah... Comme le rapporte Challenges de début octobre, qui tient ses informations d'un ancien ministre qui a gardé ses entrées à Bercy, les hypothèses qui ont fondées la mise en œuvre du budget 2009 correspondent bien aux travaux des prévisionnistes du ministère (inflation = 2% ; baril de pétrole = $100 ; euro à 1,45 dollars). Mais à l'arrivée, les ordinateurs de Bercy faisaient ressortir une prévision de croissance de 0,7% et un déficit public de 3,2% du PIB. Or Eric Woerth et Christine Lagarde ont communiqué les chiffres de 1% de croissance et 2,7% de déficit. J'ai peur en pensant à ce qu'ils auraient été s'ils n'avaient pas décidé de faire un budget sincère ! Peut être 5% de croissance et un excédent budgétaire, la fête au village et des cadeaux pour tout le monde ?
Parlons chiffres d'ailleurs : au début de son second mandat, Jacques Chirac promettait le retour à l'équilibre des finances publiques pour 2007. Son Premier ministre Dominique de Villepin recula la barre à 2010. En début de mandat, Nicolas Sarkozy parlait de 2012. Cette dernière date étant dangereuse (elle correspond à la prochaine campagne présidentielle, or de mémoire d'homme, on n'a jamais vu une réduction des déficits lors des grandes échéances électorales) elle est maintenant repoussée à 2013. D'ici là on aura oublié, et puis de toute façon ce sera un nouveau mandat, de nouvelles promesses (et peut être même un nouveau président, on peut rêver). Bref selon le fameux axiome : "les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent", il faut donc conclure de tout cela que lorsqu'un politicien annonce quelque chose, il y a deux hypothèses:
- il est idiot (il devrait savoir qu'il n'en fera rien)
- il vous prend pour un crétin.
Et cela m'inquiète. A force de déguiser les chiffres, de pratiquer la langue de bois, de mentir au citoyen, l'électeur va finir par préférer l'original à la copie. Quand l'homme de parti dit "responsable" (gloups) se croit supérieur et prend ses interlocuteurs pour des ignares, l'extrémiste a le mérite de jouer le jeu de la séduction, de faire savoir que franchement, si vous le rejoignez au moins vous savez pourquoi car c'est lui l'idiot. Et je ne peux que m'associer à 100% aux propos de Jean-Francois Kahn, invité de Parlons net ! (club de la presse d'Internet), pour qui réside là le plus grand danger (n'hésitez pas à regarder au moins les 3 premières minutes, cela donne le ton).
A continuer ainsi, j'en ai peur, si la présidentielle 2002 fut celle de Le Pen, celle de 2012 sera à coup sur celle de Besancenot. Et Nicolas Baverez pourra cette fois ci titrer enfin à juste titre sur la France qui tombe (quant à moi j'en ai marre de voter un coup sur deux uniquement pour faire barrage aux extrèmes !).
[1] Comme en France d'ailleurs, ce qui relativise la portée des politiques des deux pays sur la période.
Ma facon de travailler
vonric | 08 octobre, 2008 11:46
... pourrait se résumer à ça.
Spot the difference
vonric | 05 octobre, 2008 12:28
Voici le grand retour du jeu des différences.
Pouvez vous trouvez les différences entre ces deux projets de développement des transports urbains (*):
Le Grand Paris : Les nouvelles lignes d'ici à 2016
Le Grand Londres : Les nouvelles lignes d'ici à 2015 (ou 2016, ou plus car on n'est pas sûr des dates)
* Pour aider, je rappelle que la ville qui accueille les jeux olympiques en 2012 est Londres.
Notons aussi que le ticket de métro zone 1-2 coûte 1.6 euros à Paris et 5 euros à Londres.