De récession en dépression
vonric | 22 février, 2009 13:37
En politique, il est une constante : plus on a tort et plus on donne de leçons ici et là. Pendant sa campagne électorale de 2007, Sarkozy et son proche conseiller (qui a parrait-il toujours les oreilles du palais) Nicolas Baverez, chantre de la "déclinologie" francaise, répétait a tout va tout le bien qu'ils pensaient de l'économie britannique, dont le PIB dépassait celui de la France, se rapprochait de l'Allemagne, bref, le bon élève sur lequel il fallait prendre exemple.
En deux ans, tout a changé. Le PIB de la Grande Bretagne s'est effondré (comme sa monnaie) et s'approche maintenant de celui de l'Italie (oh honte suprême pour les donneurs de leçon anglo-saxons). Mercredi 11 février, le gouverneur de la banque centrale confirmait que le pays était en profonde récession (Gordon Brown a même fait un "lapsus" en prononçant le mot dépression). En un mois, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) est monté de 6,1 % à 6,3 % et certains pensent maitnenant ouvertement que le Royaume-Uni
comptera plus de 3 millions de chômeurs d'ici un an. Le lendemain, Le Monde titrait : Royaume-Uni : le chômage monte, les salaires baissent.
Alors quand. lors de son entretien télévisé, le Président se permet de moquer la baisse de TVA décidée outre-Manche, cette grosse connerie qu'il juge totalement inefficace (pas besoin de dire que ca n'a pas trop plu de l'autre coté), faut pas non plus trop pousser dans le sens inverse. Et il y a même certains arguments en faveur de la mesure du gouvernement britannique, comme le rappelle econoclaste: "les données récentes tendent à montrer un effet
positif de la baisse de la TVA britannique. Sarkozy a donc tort en
théorie et en pratique. A la télévision française, il y a des
traditions qui subsistent : un président peut toujours y raconter
n'importe quoi sans la moindre contradiction."
Big Brother le retour... en pire
vonric | 15 février, 2009 12:48
Lu sur le site de la BBC ... ça donne des frissons.
En résumé, le gouvernement britannique serait en train de compiler une base de données (e-Borders) pour suivre et stocker les données des voyages internationaux (les noms, adresses, numéros de téléphone, la réservation de sièges, itinéraires des voyages et cartes de crédit des voyageurs) de millions de Britanniques. Cela concernerait les 250 millions de voyages effectués par les particuliers dans et hors du Royaume-Uni chaque année, données qui seront conservées pendant 10 ans.
Bien évidemment les autorités s'abritent derrière des raisons de lutte contre le terrorisme pour justifier ces mesures... et une fois de plus faire reculer les libertés individuelles et le droit à la vie privée. Comme l'indique le Shadow Home Secretary, Chris Grayling, "La justification est toujours sur la sécurité ou la protection personnelle. Mais la vérité est que nous avons un gouvernement en qui on ne peut tout simplement pas faire confiance sur ces questions hautement sensibles. Nous ne devons pas devenir une société à la Big Brother".
Le plan e-Borders couvre les vols, les ferries et les voyages ferroviaires et le Home Office dit lancer des programmes similaires dans d'autres pays, y compris les États-Unis, au Canada, en Espagne et en Australie. Bref selon le ministre en charge, Phil Woolas, "le système en place actuellement permettrait déjà de scanner les données de 75 millions de voyageurs [...] et aurait amené à près de 2700 arrestations". Encore une fois, ça a tout l'air de la pure communication politique, car on ne précise pas en quoi consiste ces interpellations: combien de contrôles sans suite ? combien d'inculpations ? combien de culpabilité avérée ? Mystère et boule de gomme...
Le pigeon et l'huitre
vonric | 12 février, 2009 19:53
Préambule: note au lecteur. Billet un peu en retard... désolé je n'avais rien sous la main et je croule sous le boulot!
La fable pourrait commencer ainsi: Maitre Pigeon venait d'acquérir une huître...
Cher touriste, viens sur Albion te frotter aux charmes des transports anglais. Si tu as de la chance, tu verras ça :
mais par expérience (10 ans, c'est l'age de raison), attends toi plutôt à ça :
Partons donc en postulat du premier cas (du domaine des sciences expérimentales). Avant de pouvoir emprunter un transport quelconque, il vous faudra d'abord posséder une Oyster card, un ticket, une carte de transport à la journée/la semaine... Dans son grand dévouement, l'Eurostar vous aide et vous propose, à grand renfort d'annonces dans le train, d'acheter des cartes de transport pour Londres, au wagon bar.
Ici deux hypothèses : soit le personnel Eurostar a pour consigne d'arnaquer le client, soit il n'a aucune formation, et dans le doute puisqu'on lui demande de vendre, autant raconter n'importe quoi (je penche pour la deuxième hypothèse).
Exemple d'amis en visites à Londres le weekend dernier:
"- Bonjour, alors ce serait pour acheter ces tickets de transport pour Londres. Vos trucs, là, ça marche pour le métro et aussi pour le train ? [in petto: je me méfie car je sais bien que je dois prendre le train en plus du métro pour aller voir Vonric]
- Peuchère ! Mais bien sur m'sieur-dames (c'est un employé qui vient de Marseille, probablement). La carte Oyster Visitor Card, vous pouvez aller partout à Londres. Ça vous évite de faire la queue à la gare pour acheter le ticket, on vous le vend ici. Et hop les mains dans les poches vous voyagez partout à Londres ! En prime, pour bien vous explique comment ça marche, je vous donne gratuitement le petit livret bleu qui contient toutes les infos utiles. Euh, pour la carte, elle vous coûtera £3 + une valeur de £10 d'utilisation des transports."
Donc ici il y a plusieurs informations toutes moins vraies les unes que les autres. Arrêtons nous là pour analyser.
1. "La carte Oyster Visitor Card, vous pouvez aller partout à Londres [..] vous voyagez partout à Londres" :
C'est tout simplement faux. C'est Ken Livingston, alors maire de Londres qui décide unilatéralement d'implémenter ce système électronique dans le métro et les bus de Londres (Transport for London, TfL dont il a la charge) en juillet 2003. Plusieurs avantages: réduire la queue aux guichets (en Angleterre il n'est pas possible d'acheter les billets à l'avance, car ceux ci ne sont pas validés lors de l'utilisation mais comportent obligatoirement une date : il faut donc uniquement en acheter lorsqu'on sait quand on va en avoir besoin!) et collecter la manne de ceux qui vont utiliser des cartes pré-payées. Les trains ? Tant pis, le gouvernement conservateur n'avait qu'à pas les privatiser ! Depuis 2007 de nombreuses franchises ont été renouvelées avec demande (obligation ?) de passer au système Oyster. Toutefois les cartes à huître ne sont pas pour tout de suite, il faudra au mieux attendre fin 2009 pour voir les compagnies de train en distribuer (et encore, South West Train rechigne, ça coute cher !).
2. "le petit livret bleu qui contient toutes les infos utiles" :
D'après les instructions du carnet, il est indiqué (à l'intérieur) que "quand vous utilisez le bus ou le tramway, vous devez seulement valider votre carte en début de trajet et pas en fin de trajet" (ce qui est vrai !)
Par ailleurs, vous pouvez utiliser les molettes avec des codes couleur pour faire correspondre voyages et tarifs. Apparemment il faut faire correspondre les couleurs au verso et voir au recto les tarifs qui s'affichent.
Mais patatras, c'est tout faux ! (cliquez sur l'image pour voir en grand. Ici on vous indique qu'il faut valider au début et à la fin.
En fait, au recto de A et B on voit C et D alors qu'on devrait afficher G et H.
Par ailleurs (je pinaille, mais il parait la mise à jour a été faite en février 2008... il y a un an... comme si les tarifs ne changeaient jamais), le tarif du bus est de £1 depuis janvier 2009, pas £0,90.
3. "elle vous coûtera £3 + une valeur de £10 d'utilisation des transports"
Et alors ça c'est le clou final. La Oyster Visitor Card, c'est comme la Canada Dry. Ça a le gout d'une Oyster Pay-as-you-go, ça fonctionne exactement comme la Oyster Pay-as-you-go (si le crédit mis au début s'épuise on peut la recharger aux bornes)... MAIS lorsque vous la rendez, contrairement à la Oyster Pay-as-you-go où vous récupérez votre caution de quelques Sterling, ici notre Pigeon ne récupère rien en rendant sa Visitor card !
Moralité
Lorsque vous êtes en visite à Londres, évitez les pièges à touristes et les conseils de l'Eurostar. N'achetez pas de carte Oyster mais demandez tout simplement une bonne vieille carte à la journée, au prix de £5.60, qui vous permettra d'utiliser l'ensemble des transports (y compris le train), de façon totalement illimitée pendant la journée. Vous restez 3 jours ? Ils peuvent vous donner 3 tickets d'un coup avec trois dates différentes pour chaque jour.
Britain from Above
vonric | 01 février, 2009 12:53
Britain from Above est une série documentaire diffusée sur la BBC qui raconte la Grande Bretagne vue du ciel.
A voir par exemple ici, et la série complète sur le site.
(via Presse-citron)