Endettement
vonric | 30 août, 2009 17:26
Avec le parti conservateur régulier archi-favori pour gagner les prochaines élections generales au Roayume Uni (au plus tard en mai), les lendemains nous sont déjà annoncé difficile (c'est un euphemisme). La dette d'Albion serait passé de 44% du PIB à 100% (5,4% de déficit cette année). Autant dire que la droite, déjà connue pour peu encleinte à la dépense publique (autre euphemisme, décidemment), déroule ici une autoroute pour expliquer qu'il va falloir faire de nombreux sacrifices.
Ailleurs on semble pourtant moins catastrophé:
La dette de l'Etat français serait environ de 73% de son PIB aujourd'hui (et 95% en 2014) contre 64% avant la crise.
- L'Italie a un taux d'endettement de 132% contre 103% en 2007.
- Les Etats Unis seront à 112% du PIB en 2014 contre 63% en 2007.
- La dette japonaise devrait atteindre 239% contre 188% en 2007.
- Même l'Allemagne ne devrait pas échapper à cette tendance avec 91% en 2014 contre 67% en 2007.
Dans ces conditions la situation du Canada est particulièrement à saluer eavec un taux stable à 65% de dette. (source: Le Monde)
Rappelons aussi que le pacte de stabilité institué par le traité de Maastricht pour les pays membres de l'Union Européenne fixe cette limite à 60% du PIB - et 3% de déficit par an.
Ce dont on parle moins, mais à mon sens plus inquiétant (si si je vous avais dit ça en 2006 si vous suivez), est le niveau de dette personelle. Celle ci a maintenant dépassé le niveau du PIB au Royaume Uni. Le cap a été franchit en 2006 et se situe actuellement aux alentours de 102-104%. Loins du ratio français de 45%... (source).
Le nombre de clandestins à Calais a triplé en 5 ans
vonric | 23 août, 2009 16:57
Bon pour faire simple je vais me citer moi même pour introduire le thème de la semaine:
Dans un article précédent, j'écrivais : "Je parlais il y a 2 ans des conséquences de la politique de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, qui fit fermer le centre de réfugiés de Sangatte
dans le Pas de Calais le 5 novembre 2002 (faisant ainsi plaisir au
gouvernement de Tony Blair et aux tabloids anglais, et s'offrant du
même coup une très bonne couverture médiatique) sans aucun suivi. La
méthode Sarko : on cherche à changer l'image projetée sans comprendre
les sources du malaise et remédier aux causes".
En application direct de ce preambule, je vous convie à la lecture du Daily Mail qui écrivait fin juin:
Migrant stowaways at Calais triple in five years
Le nombre de migrants tentant de se faufiler en Grande-Bretagne via Calais a presque triplé en seulement cinq ans.[...]
En 2004, après la fermeture du camp de Sangatte, des agents des services frontaliers avaient recensé 7 540 clandestins. L'an dernier, leur nombre était de 19 399.
En prenant en compte les contrôles à Coquelles, Dunkerque, Paris et en Belgique, le nombre de migrants en situation irrégulière pris en train de tenter de passer en Grande-Bretagne a été de 28 007.
Mais les critiques soulignent que ces chiffres reflètent les immigrants illégaux qui sont pris, et donc que cela de prend pas en compte ceux qui se sont soustraits aux contrôles.[...]
Les politiciens français ont accusé la Grande-Bretagne d'être responsable du retour des camps de migrants à Calais.
Le maire de Calais a déclaré que la politique du gouvernement du Royaume-Uni était la cause directe des milliers de migrants sur la commune, coûtant des millions d'euros à l'economie locale.
Natacha Bouchart a accusé le Royaume-Uni de distribuer d'"énormes" allocations à distribuer aux demandeurs d'asile.
Mme Bouchart ajoute que l'attrait de ces paiements a été la raison pour laquelle des milliers d'étrangers utilisent le port français comme un point dedépart pour tenter de traverser la Manche.
Et bien voilà donc ce que je ne cesse de répéter. Fermer un centre d'accueil en bougeant les bras devant les télé, faire le 20h à coup de mesures polémiques, ça fait des images... pour cela apparement les français ont choisit un spécialiste. Par contre pour régler les difficultés sur le long terme, mettre en avant l'Europe pour trouver une solution à un problème qui ne peut être réglé qu'ensemble (et qui perdurera tant que le Roayume Uni n'armonisera pas sa politiqe avec le reste des pays europeens), là il va falloir chercher ailleurs...
Vive la France
vonric | 16 août, 2009 13:43
Le FSA (Financial Services Authority - sorte de gendarme de la bourse britannique) a publié de nouvelles règles concernant le versement de bonus par les banques. Alors que les prises de risques sont vues comme un des facteurs aggravant de la crise financière qui a frappé le monde, le FSA souhaite que les bonus des banquiers soient liés aux performances à moyen terme des organismes financiers.
Un code de bonnes pratiques a donc été publié, avec deux grands principes:
- Tout
d'abord, veiller à ce que les conseils d'administrations se concentrent davantage sur le fait que "le montant total [de rémunération et de bonus]
distribués par une entreprise est compatible avec une bonne gestion des
risques et de durabilité".
- Et, deuxièmement, de veiller à ce
que l'ensemble des rémunérations, y compris les primes/bonus", prévoit les mesures d'incitation adéquates".
En d'autre termes, les bonus pourraient uniquement être garantis sur 12 mois, et pour les mieux payés, 2/3 des primes devront être réparties sur les 3 années qui suivent. Et attention ça ne rigole pas: le FSA veut ces mesures en place pour janvier prochain (donc pour les prochains bonus), à défaut il y aura des sanctions ! Déjà que le gouvernement a placé des hommes a lui au sein des directions des banques qu'il a renfloué afin de surveiller et d'avoir un mot à dire.... la City est sous surveillance.
Du coup on a un peu peur, dans les milieux des salles de marchés londoniennes, que les traders partent travailler dans d'autres pays... par exemple en France où le gouvernement a filé 10 milliards à la SocGen et à la BNP contre des actions sans droit de regard aucun, et se contente de dire "ouh, c'est vilain" lorsque la BNP prévoit de distribuer 1 milliard en bonus cette année.
La main dans le pot de confiture
vonric | 09 août, 2009 12:27
Bon, je suppose que vous êtes tous brifés sur le scandale des notes de frais des parlementaires britanniques. Ce feuilleton a succès à fait les choux gras de la presse outre Manche (et ailleurs), et surtout du Daily Telegraph qui a révélé l'affaire. A l'époque (c'est à dire il y a deux mois) je ne voulais pas trop en parler (mais je l'avais tout de même évoqué plus explicitement via une vidéo ici).
En fait (je vais peut être passer pour naïf, complaisant voir hypocrite) mais je suis loin de m'insurger. Oui en effet l'un des députés a récuré les douves de son château avec l'argent de nos impôts. Oui un autre a fait passer les notes de taxis utilisés par sa femme pour faire du shopping en note de frais, ou tel autre a utilisé les miles de ses voyages officiels pour partir en vacances. Et alors, aurais-je tendance à dire...? Moi aussi je plaide coupable. Moi aussi j'ai utilisé les miles de voyages boulot pour partir en vacances. J'ai fait passer des notes de restos entre copains en business lunch. J'ai déduis de mes impôts des billets de trains de déplacements pas forcement si professionnels que ça. Et je n'ai pas (encore) de château... A la rigueur, je blâme plus celui qui s'est fait rembourser des kitkats ou des rouleaux de PQ (si si y'en a au moins un). Parce que là c'est vraiment de la connerie, et ça mérite sanction ! Si on peut être con comme ça, on perd tout légitimité dans l'établissement des règles applicables au pays... c'est même dangereux.
Non, pour moi le véritable scandale, c'est maintenant. Lorsque le nouveau Speaker de la Chambre (l'équivalent du Président de l'Assemblée), élu suite à la démission du précédent emporté par le scandale des notes de frais, et qui promet de laver plus blanc, de moraliser tout ça et blablabla, dépense £20,000 en quelques semaines pour refaire son logement de fonction, pour l'adapter à sa famille de 3 enfants selon lui, et notamment en achetant un canapé à £8000 ! De qui se moque-t'il ? Avec 3 enfant (et peut être un chat, un chien et un canari ?), j'aurais plutôt pensé qu'il valait mieux acheter souvent des canapés Ikea à £500 plutôt qu'un truc brodé d'or (à ce prix là sûrement) dont le prix équivaut à 1/3 du salaire annuel du citoyen moyen ? Soit il est très con, soit c'est un escroc (probablement les deux car il faut être bien stupide pour penser que personne ne le saura, surtout après les récentes affaires). Dans tous les cas il n'a aucune légitimité à représenter ses concitoyens (si ce n'est peut être ceux qui achètent des canapés à £8000, mais je n'ai pas le plaisir de les connaître) et devrait dégager vite fait, chanceux qu'il est d'échapper au goudron et aux plumes.
Faire du sens
vonric | 02 août, 2009 15:20
"C'est un article intéressant, c'est bon pour le débat, ça fait du sens".
Aaaaargh!!S'il y a bien un truc qui me crispe, c'est d'entendre les Français dire cela. Autant je peux comprendre que l'on fasse des fôtes (moi le premier), ce d'autant que l'on soit à l'étranger... (et je ne parle même pas du clavier QWERTY ou AZERTY).
Autant je ne comprend pas ce truc. En anglais, on dit souvent "it makes sense", ce qui se traduit par "c'est logique" (cf Le Robert & Collins). A la rigueur, en fonction du contexte, on peut utiliser "ça donne du sens" ou "ça a du sens". Mais par pitée, PAS "ça fait du sens". Pour moi cela équivaut à ajouter: "tu vois tellement je suis bilingue, que je sais même plus parler la France". Et au pire "j'me la pète et je te mets des expressions franglaises dans mes phrases". Le must du snobisme ignare ! Le pire ce sont les parisiens qui ne mettent pas un pied à Londres mais utilisent cette expression parce que ça fait cool !
A la rigueur, on pourrait employer l'expression "faire sens", mais qui s'utilise plutôt en littérature, voire en philosophie; pour plus de détail, voir nos amis québécois. Et pour les spirituels qui tiennent à utiliser cette dernière expression, je ne peux que leur conseiller de suivre le séminaire de l'Ecole Normale Superieure sur le sujet, où ils apprendront : "Faire sens signifie souvent articuler plusieurs conceptions du sens,
qui relèvent d'horizons sémantiques distincts : sens référentiel, sens différentiel, sens
implicite, etc. La reprise d'un même exemple sous ces différents
angles d'attaque précisera les apports et les angles morts de chacun
d'eux."
Bon, sur ce je m'en vais visiter des amis...