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Liberté d'expression (2)
vonric | 11 février, 2006 23:03
Je signale plusieurs développements intéressant sur l'affaire des caricatures de Mahomet (j'y suis d'autant plus sensible que je suis a Copenhague en ce moment... rassurez vous tout est très calme ici
:
Tout d'abord un très bon résumé de l'histoire sur Wikipédia. On y lit entre autre que dès le lundi 17 octobre 2005, le journal égyptien Al Fagr
devient le premier journal au monde à publier les caricatures de Mahomet
après Jyllands-Posten. Leur 21ème édition contient six des douze
caricatures du Jyllands-Posten avec une caricature sur la une. Cette
publication en période de Ramadan, n'a suscité aucune réaction ni
condamnation des autorités religieuses islamiques ou des autorités
gouvernementales égyptiennes.
Par ailleurs Versac
nous alertait le 6 février sur le fait que Charlie Hebdo avait publié
une caricature en 2002 (Mahomet fumant et buvant commentant
l'élection de "Miss Sac à Patates", une musulmane voilée). Le MRAP,
qui s'insurge aujourd'hui des caricatures et porte plainte, n'avait à
l'époque rien trouvé à redire. Pourtant, comme Versac, je trouve ce
dessin autremment plus offensant et méprisant.
Au coeur de la polémique, Charlie en remet d'ailleurs une couche en
publiant de nouvelles caricatures... coup publicitaire et médiatique en
France, qui passe plus ou moins inaperçu dans le reste du monde, preuve
s'il en est que ceci n'est que manipulation.
Au Royaume Uni, l'ensemble des médias de masse a refusé de publier
les caricatures ; pour des raisons autremment plus mercantiles en fait,
comme le souligne un article du Monde :
Comment expliquer pareille retenue de la part d'une presse en proie
à une concurrence à couteaux tirés alimentant la surenchère ? Les
considérations commerciales jouent un rôle clé. Certains titres de la
presse populaire, comme le Sun et le Daily Mail, ont un
lectorat musulman non négligeable, le premier chez les hommes, le
second chez les femmes. Par ailleurs, les classes bourgeoises
musulmanes lisent volontiers la presse sérieuse, privilégiant en
particulier The Independent (opposition à la guerre en Irak) ou le Daily Telegraph (ligne éditoriale prônant le libéralisme économique).
Par ailleurs, les menaces de boycottage sont prises au sérieux par les éditeurs. Le Sun
l'a appris à ses dépens lors de la tragédie du stade de Sheffield, en
1989. Le quotidien avait déclaré que l'état d'ivresse des supporteurs
de Liverpool était à l'origine de la bousculade, accusations qui
s'étaient révélées infondées par la suite. L'ostracisme dont le
quotidien fut l'objet pendant plus d'une décennie a été très coûteux.
Autre crainte, la réaction des kiosquiers, qui, outre-Manche, demeurent
le principal canal de distribution. La majorité d'entre eux,
originaires du sous-continent indien, sont musulmans. Un titre qui
aurait eu l'audace de publier les dessins aurait pu s'exposer à des
représailles de leur part.
Dans ce même article, on apprend que seul un journal d'étudiant, Gair Rhydd de l'université de Cardiff (pays de Galles), a publié des caricatures du prophète Mahomet dans son édition du 8 février. L'auteur de l'article et deux autres journalistes, ont été immédiatement suspendu et 10
000 exemplaires ont été envoyés au pilon la veille de leur distribution ! La liberté d'expression doit s'exercer avec responsabilité, vigilance et bon jugement, selon un responsable de la propagande de l'université.
Il apparait pourtant que la modération ne paye pas car c'est à
Londres que l'on a pu voir les manifestations aux slogans les plus
violents, preuve encore une fois de la totale disproportion et du
décallage de la réaction.
Et face à cela les gouvernements occidentaux ont été bien prompte à...
ne pas réagir, et écorner une fois de plus ces libertés - individuelles
et d'expression - pour lesquelles de nombreux hommes sont déjà morts. Après le Patriot Act de Bush et les lois anti-terroristes de Blair, il est de bon ton pour Jack Straw, ministre des Affaires Etrangères du Royaume, de déclarer que the
decision by some European newspapers to print the cartoons was
"disrespectful" and he added that freedom of speech did not mean an
"open season" on religious taboos [BBC].
Il y a cent ans, on aurait déclaré la guerre pour avoir attaqué une
ambassade. A l'heure de la realpolitik, il faut se rappeler que les
américains ont près de 100 000 soldats coincés en Irak, et les
Britanniques 8000.
L'espoir viendra donc peut être des médias
musulmans. L’hebdomadaire Shihane, un tabloïd jordanien, a même
reproduit trois des caricatures. Son rédacteur en chef, Jihad Momani, a
écrit un éditorial, « Musulmans du monde, soyez raisonnables », dans lequel il s’interroge : « Qu’est-ce-qui
porte plus préjudice à l’islam, ces caricatures ou les images d’un
preneur d’otage qui égorge sa victime devant les caméras ou encore un
kamikaze qui se fait exploser au milieu d’un mariage à Amman ? ». Malheureusement il a été arrêté peu après...
« Les musulmans adoptent, comme les pays européens, une
politique de deux-poids, deux-mesures. (…) Si nous refusons toute
attaque contre notre religion, nous ne devons pas non plus tolérer des
attaques contre d’autres », affirme l’éditorialiste égyptien Saad
Hagras dans les colonnes du quotidien indépendant Nahdet Masr. Dans
Al-Qabas, l’éditorialiste koweïtien Abdel Latif al-Douaij, réagissant à
l’appel au boycott du Danemark lancé par des députés islamistes, va
encore plus loin : « Devant l’offense commise par un caricaturiste,
pourquoi devons-nous punir toute une nation et menacer nos propres
intérêts ? (…) J’appelle le monde libre à se ranger du côté du Danemark
et à appuyer la liberté d’expression. (…) Je souhaite qu’ils boycottent
notre pétrole et nous le fassent boire ». [source : RFI ].
20éme siecle: Guerre froide - modèle économique capitaliste occidental contre modèle économique pseudo communiste.
Armes identiques de part et d'autre: propagande, destabilisation politiques, coup d'état, espionnage, financement de guerilla, toujours plus de propagande.
Motif: économique
Vainqueur: Le modèle capitaliste occidental.
21ème siècle: Guerre pieuse - modèle économique capitaliste occidental contre modèle politico-economico-islamiste hérité d'un égyptien devenu NR 2 d'un mouvement largement médiatisé par l'occident.
Armes: Islamisation en masse a force de terrorisme, preche fanatique, financement et destabilisation politique pour l'un et contre terrorisme, financement et destabilisation politique pour l'autre.
Motif: Economico-culturel
Vainqueur: inconnu à ce jour
En synthèse, plus nous communiquons sur notre ennemi en l'agressant, plus nous armons ses combattants et augmentons sa capacité à recruter.
Le temps n'est pas à défendre nos valeurs en attaquant celles de notre ennemi. Chaque faux-pas est repris et amplifié à des fins de propagande et d'islamisation des fantassins qui s'ignnorent encore, par le développement d'un sentiment que la bras armé de l'islam est surpuissant.
Ne nous trompons pas d'ennemi, ni de combat. Sachons connaitre notre ennemi et ne jamais céder à la colère. Cherchons les moyens de tarir la source du fanatisme, sans jamais l'alimenter.
Et relisons Sun Tzu.
Bob> relisons Sun Tzu (L'art de la guerre: http://artdelaguerreselonsuntzu.ifrance.com/ ) -> tout a fait d'accord, c'est une référence :-)
Par contre je prendrais avec des pincettes la phrase "Sachons connaitre notre ennemi". Car a mon sens l'ennemi n'est pas l'Islam mais quelques illuminés et dirigeants qui manipulent les populations croyantes (comme les catholiques l'ont fait pendant plusieurs siecles avant - souvenons nous de l'inquisition par exemple).
Tu as raison de le preciser, je ne souhaite pas de confusion sur le sujet. Bien evidemment l'ennemi n'est pas l'Islam, mais son bras armé et fanatisé.
Connaitre son ennemi implique de connaitre son but et sa stratégie. Un element clef de cette strategie est d'utiliser la religion, en l'occurence l'islam, comme outil de propagande, de ciment des masses. L'islam est aux combattants du jihad ce que Jérusalem était aux croisés: Après un efficace conditionnement psychologique opéré dans les mosquées, ils donneront leur vie pour la protéger.
Toucher à l'Islam, plus precisement a son prophete est reveler une totale incompréhension de la stratégie de cet ennemi en apportant de l'eau a son moulin.
C'est aussi pour cela qu'il faut stopper au plus vite cette polemique d'autant que chaque ambassade qui brule nourrit le feu des pepinieres de combattants.