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Des chiffres en veux tu en voilà...
vonric | 25 mars, 2006 23:50
Je signale un article très intéressant de Ceteris Paribus sur les soit-disantes hordes de Français qui s'exileraient à l'étranger. Je me permets ici d'en reprendre une partie :
"Combien sont-ils? Yves de Kerdrel donnait comme réponse un chiffre bien rond dans sa chronique de mardi dernier pour le Figaro :
C'est la première fois, depuis des générations, que des jeunes ont la
prémonition qu'ils vivront moins bien que leurs parents. D'où deux
phénomènes extrêmes. D'un côté, 75% des moins de 30 ans déclarent
vouloir être fonctionnaires. Ce qui est étonnant ! Et, de l'autre, un
nombre record d'expatriations : 1 million de jeunes Français
travaillent désormais à l'étranger.
Une recherche rapide permet de montrer que cette statistique avait été sortie, sans attribution, dans un article du Figaro Economie du 24 février dernier qui précisait que, par jeunes, il fallait entendre moins de 35 ans.
L'estimation tient-elle la route? Le plus sûr moyen de le savoir est de regarder les statistiques officielles de la Maison des français de l'étranger du Ministère des affaires étrangères. En 2004, dernière année pour laquelle les
chiffres sont disponibles, le MAE recensait 1 253 229 Français
immatriculés dans un pays étranger (officiellement, depuis le 1er
janvier 2004, "inscrits au registre des français établis à l’étranger"
.
Ce chiffre est évidemment un plancher, dans la mesure où tous les
expatriés n'ont pas pris la peine de s'enregistrer auprès d'une
représentation consulaire. En 2002, les services officiels avaient
estimé que le total des expatriés s'établissait à 1 960 323, dont 1 098
958 immatriculés (voir cette très utile carte en couleurs).
En supposant que ce ratio soit resté constant, une simple règle de
trois permet d'aboutir à un total de 2 235 511 expatriés pour 2004.
[...] moins d'un million d'expatriés (949 276, pour
être exact) travaille effectivement, et donc que le chiffre d'un
million de jeunes français de moins de 35 ans qui travaille à l'étranger est du bidonnage pur et simple.".*
* C'est moi qui ait pris la liberté de mettre certains mots en gras.
Bref, hormis le fait que ces explications de la déprime française
de la part de journaux gauchistes comme le Figaro m'horripilent, ils
montrent encore une fois qu'il faut se garder de prendre comme argent
comptant les chiffres
véhiculés pour soutenir une thèse. Ceteris Paribus semble aussi irrité
que moi d'ailleurs lorsqu'il raille le nombre de 300 000 français
travaillant à Londres, chiffre avancé par Brice Couturier,
alors même que le Consul de France au Royaume Uni avance l'estimation
officieuse d'environ 300 000 résidents dans tout le pays (donc y
compris femmes au foyer, enfants et étudiants).
Autre distorsion de chiffres pour étayer une thèse, et toujours relevée par Ceteris Paribus, celle concernant le chômage des jeunes. En regardant dans le rapport les Perspectives de l'emploi 2002 de l'OCDE (pdf) on peut constater que la règle selon laquelle le taux de chômage des -25 ans
est grosso modo deux fois plus élevé que le taux de chômage global est
tout sauf un "scandale français".
"On constate que la situation de la France est tout sauf exceptionnelle
: dans tous les pays, le taux des chômage des jeunes est plus important
que le taux de chômage des individus de 25 à 54 ans. Et la moyenne du
ratio est légèrement supérieure à deux, soit, à peu de choses près, le
niveau de la France (et des Etats-Unis, autre pays connu pour la
rigidité de son marché du travail)" souligne Ceteris Paribus quiu ajoute que "le niveau chômage des jeunes est très fortement lié, en France, au niveau du chômage global".
Ah,
génie simplificateur des chiffres, j'ai encore vu (pas le seul apparemment
le journal de 20h de
France 2 (mercredi 22 mars) afficher sans plus de détails que le
chômage des jeunes français était de 22.5% contre 13% en Allemagne.
Pourquoi ne rappelle t'on pas :
- qu'en fait la population jeune est moins au chômage que la
population globale, tout simplement parce qu'une bonne partie
poursuit des études après l'age de la scolarité obligatoire de 16 ans (p27
du rapport de l'OCDE).
- que
ces chiffres dépendent donc de la scolarisation. Ainsi on peut observer la situation
des jeunes adultes au regard de l’emploi selon leur scolarisation (p28
du rapport de l'OCDE) : "Les deux premières colonnes montrent que la
mesure traditionnelle des taux de chômage des jeunes, très élevée dans
certains pays, peut être beaucoup plus faible lorsqu’on exprime le
chômage des jeunes en pourcentage de la population de jeunes."
Ainsi, en 2000 le taux de non emploi des jeunes non scolarisés en
pourcentage de la population totale est plus élevée au Royaume-Uni
(15.4%) qu'en France (14.1%).
- Le modèle appliqué au Royaume-Uni oblige
les 18-24 ans bénéficiaires de l’allocation chômage depuis plus de six
mois à occuper un emploi (faute de se voir supprimer cette allocation -
bien maigre il est vrai). Un smic-jeunes a
été mis en place : £4.25/heure (6 euros) contre 5.05 pour les
plus de 21 ans... "Ce qui pousse les employeurs à licencier sans remords
les « vieux » de 22 ans, dès qu’ils passent au tarif adulte. Ces jeunes
peu qualifiés enchaînent les petits boulots sans avenir et n’ont aucune
chance d’accéder à un logement décent. [...] En clair, [l'Etat] subventionne les bas salaires en se gardant de faire pression sur les
employeurs et entretient ainsi une réserve de main-d’œuvre mal payée,
qui a le plus grand mal à boucler les fins de mois en dépit des
transferts sociaux." [source: Le Monde Diplomatique]
- que les jeunes de moins de 25 ans qui recherchent un
travail sont en partie peu ou pas qualifié, et l'on sait aussi que le
chômage de la population non qualifiée dans son ensemble est plus
importante.
C'est juste que la perfide albion elle est plus baleze pour prendre des mesures sans interet autre que de faire diminuer la mesure "officielle" du chomage que les mangeurs de grenouilles. Encore que ya du progres sur le bidonnage chez Asterix.
A lire :
http://obouba.over-blog.com/article-2247266-6.html
curieux, pourtant il doit bien y avoir 300 000 habitants à south kensington!!
Je confirme qu'il n'y a aucune source fiable à 100% en matière d'expatriés.
En même temps, il est très difficile de comptabiliser, tellement il y a de diversité dans la domaine.
Qui pourrait bien savoir combien il y a :
- d'expats français à l'étranger (entre ceux qui sont envoyés par leur société et ceux qui s'expatrient eux même),
- de personnel en rotation,
- de personne qui font le tour du monde
...
Si les estimations françaises sont discutables, sachez que certains s'essaient à l'exercice pour l'ensemble de la planète ;-)
c'est quoi le figaro un journal gauchiste , de l'humour ???
;-)
les chiffre prend tu des (s)