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Innocent condamné et Coupable en liberté ? Le prix de la vie humaine aux US
vonric | 12 novembre, 2006 17:43
Lu dans Le Monde:
USA: un condamné à mort se suicide quelques heures avant son exécutionAFP 20.10.06 | 03h07
Un condamné à mort américain qui devait être exécuté jeudi soir dans une prison du Texas (sud) s'est suicidé quelques heures avant son exécution, a-t-on appris jeudi auprès des autorités pénitentiaires de cet Etat.
Michael Johnson, 29 ans, avait toujours clamé son innocence du crime dont il était accusé.
Le condamné a été retrouvé dans sa cellule de la prison de Huntsville vers 02H45, gisant dans une mare de sang après s'être tranché les veines jugulaires et une artère du bras droit avec un morceau de métal. Avant de mourir, le jeune homme a laissé un message écrit avec son propre sang sur un mur de sa cellule.
Selon des journaux locaux, le jeune homme aurait écrit: "je ne l'ai pas fait".
Selon la chaîne de télévision locale KWTX, Johnson, transporté dans un hôpital, a été déclaré mort à 03H40.
Il aurait dû être exécuté à 18H00 locales.
Théoriquement, les condamnés à mort qui sont sur le point d'être exécutés, sont surveillés par un gardien toutes les 15 minutes. Selon KWTX, un gardien a vu pour la dernière fois Johnson vivant à 02H30.
Johnson avait été condamné à mort pour le meurtre d'un employé d'une station-service, Jeff Wetterman, en 1995.
Dans la nuit du 9 au 10 septembre 1995, Michael Johnson et un ami, David Vest, sont partis en virée à bord d'une voiture volée. A l'aube, ils se sont arrêtés à une station-service avec l'intention de faire le plein sans payer.
Mais un employé est venu à leur rencontre et il a été tué d'un coup de pistolet au visage. Arrêtés peu après, les deux hommes ont été inculpés de vol aggravé et de meurtre. Vest a reconnu avoir tué l'employé, mais Michael Johnson a nié avoir participé à la virée.
L'accusation a alors conclu un accord avec Vest: en échange d'une peine réduite à 8 ans de prison, il a témoigné que son complice était l'auteur du coup de feu.
Vest est aujourd'hui en liberté.
Selon plusieurs associations de lutte contre la peine de mort, cette affaire illustre l'iniquité d'un système judiciaire qui offre une remise de peine à celui qui reconnaît le crime afin d'obtenir, par son témoignage, la condamnation de celui qui le nie.
En l'occurence, un jeune homme âgé de 18 ans au moment des faits a été condamné à mort sur la foi d'un autre qui était peut-être le tueur, et qui a raconté deux versions différentes du drame alors qu'il était à chaque fois sous serment, font valoir les associations.
Johnson aurait dû être la 22e personne exécutée au Texas et la 46e aux Etats-Unis depuis le début de l'année.
Plus de 3.300 personnes attendent dans les couloirs de la mort des prisons américaines, selon le Centre d'information sur la peine de mort.
Au sujet de la peine de mort, l'énoncé du verdict condamnant Saddam Hussein à la mort par pendaison a suscité bien des commentaires. Rien d'étonnant, les Etats Unis se sont félicités du verdict.
Heureusement, l'Union Européenne, qui s'égare parfois sur ses valeurs, s'est ici rappelé quelques principes:
- La sentence de mort contre Saddam Hussein a toutefois mis dans l'embarras la plupart des dirigeants européens, qui ont rappelé leur opposition à la peine capitale. [...] Les responsables européens, en Suède, en Espagne, au Danemark ou en Irlande, ont dans le même temps regretté la sentence de mort. "Notre désapprobation de la peine de mort ne souffre aucune exception", a déclaré Carl Bildt. "En ce qui me concerne, je ne peux que réaffirmer la contrariété et l'opposition de l'Italie concernant la peine de mort", a renchéri son homologue italien Massimo D'Alema. La France de son côté n'a pas du tout salué la condamnation de Saddam Hussein, se contentant d'en prendre acte.
Source: Le Monde
Seul le gouvernement de Tony Blair, que l'on sait de moins en moins concerné par les libertés individuelles, s'est réellement félicités de la décision de la justice irakienne. "Je salue le fait que Saddam Hussein et les autres défendants ont été présentés devant la justice et ont eu à répondre de leurs crimes", a déclaré la ministre des affaires étrangères Margaret Beckett, sans évoquer la question de la peine de mort.
Heureusement, Tony Blair a rattrapé le coup le lendemain, suite à une question d'un journaliste : lorsque celui ci lui a demandé s'il approuvait la peine de mort, il a bien été obligé de répondre non pour le moment.