Nationaliser les banques, c'est possible et même recommandé
vonric | 18 juillet, 2010 09:21
Voici un verbatim de Frédéric Lordon, extrait de l'émission d'@rrêt sur images du 14 mai 2010:
"A l'automne 2008, il m'avait semblé que pour des raisons strictement conjoncturelles, la nationalisation d'ensemble du secteur du crédit était la chose a faire, pour la raison suivante: le choc que venait de recevoir le système bancaire était si monumental que ses effets étaient immédiatement prévisibles, çà allait se finir dans une contraction du crédit absolument sanglante d'où résulterait une récession. Nous y sommes.
Comment aurions nous pu éviter cette situation là ? Je me souviens à l'époque que les pouvoirs publiques avaient déjà mis des sommes épaisses sur la table pour renflouer le secteur bancaire et commençaient à s'inquiéter dès le début de l'année 2009 qu'ils ne venaient voir aucunes contreparties de la part des banques aidées sous la forme d'un encours de crédit, etc, etc.
Or d'abord le secteur bancaire n'est pas connu pour sa philanthropie et son altruisme, mais même si on lui prêtait les plus hautes vertus du monde dans la matière, ça n'aurait pas fait l'affaire pour une raison extrêmement simple : c'est que chaque banque individuellement confrontée à une conjoncture macro-économique extrêmement défavorable trouvera, et elle a raison, que la bonne chose à faire est de réduire ses encours de crédit ; car on ne lutte pas tout seul contre la vague géante.
Et chaque banque faisant par devers elle ce raisonnement, toutes restaient les deux pieds dans le même sabot. Donc le problème qui s'est posé à l'automne 2008 étaient un problème de coordination du secteur bancaire. On pouvait éviter la récession à partir du moment où toutes les banques de manière coordonnée rouvraient leurs encours de crédit, se mettaient à soutenir la consommation et on passait le mauvais moment. Or la coordination est précisément ce qui est interdit en économie de marche puisque c'est sa définition même : c'est une économie sans coordination centrale. Or là elle était impérativement requise.
Qui pouvait produire cette coordination ? Il n'y a qu'une main invisible qui puisse le faire, qui soit assez puissante, c'était celle de l'Etat. Et il n'y avait pas trente-six moyens pour le faire, c'était la nationalisation. C'est à dire la prise des commandes en direct et rouvrir dans l'ensemble (pas n'importe comment) tous les robinets du crédit.
Le deuxième argument est qu'à l'automne 2008 on est passé très très prêt de l'accident nucléaire, c'est à dire de la matérialisation du risque systémique avec effondrement d'ensemble du secteur bancaire. Il faut bien voir ce que ça représente : j'ai toujours rencontré des difficultés à plaider la cause du sauvetage des banques parce qu'on a dit "oh là là, vous voulez sauver ces pourris, ces fripouilles, etc". Je dit oui, car c'est notre intérêt bien compris. Si nous ne les sauvons pas, nous mourrons la gueule ouverte dans la semaine qui suit. Je ne manquais pas d'ajouter : il s'agit de les sauver, mais pas sans contrepartie. En effet, les banques sont dépositaires d'un bien publique vital pour la société qui est la sécurité des encaisses monétaires du pays. Si le secteur bancaire s'écroule, toutes vos petites économies partent en fumées. Ce qui veut dire que dans les deux jours qui suivent, vous voulez aller faire vos courses, tirer de l'argent au distributeur de billet, c'est pas possible, ou faire des chèques c'est pas possible. Il y a l'argent que vous aviez dans la poche, point.
J'ajoute un troisième argument qui est celui qui est développé dans le papier auquel vous faites référence [NDLR: le blog] qui consiste à observer que le secteur bancaire occupe une position très particulière dans la structure sociale du capitalisme qui oblige tous les autres agents à en passer par lui. Le crédit est vital à l'activité économique. Or là, dès que les banques sont atteintes, le contre-coup se fait immédiatement sentir en terme de restriction du crédit. Et d'ailleurs les banques tirent argument de cette position la pour expliquer que si jamais on leur fait le moindre mal, sous la forme d'un surplus de régulation, une taxation de leurs profits, etc, il en résultera une réduction du crédit et que c'est tout le monde qui sera puni. Alors ce discours est scandaleux, mais le pire est qu'il est objectivement bien fondé. En effet la position du secteur bancaire dans le capitalisme les rend dépositaires de fait de ce bien publique qui est la continuité des financements des agents économiques. Je dis qu'il est intolérable de laisser faire une capture privative d'un bien commun.
Donc on renationalise. On paye comment?
Comment on passe d'une économie avec secteur bancaire privé à une économie avec secteur bancaire non-privé ? Je ne sais pas. Je n'ai pas encore eu le temps de penser l'ingénierie de ces grandes transitions. En revanche je peux la penser dans le scenario du cataclysme. Il y a un scenario dans lequel l'exercice d'ajustement budgétaire ultra violent, généralise à l'échelle européenne, se révélera pour ce qu'il est, c'est à dire intenable. Que se passer-t'il à ce moment la ? Il y aura déchaînement d'une crise des dettes souveraines mais avec contagions ajoutée, c'est à dire pas seulement la Grèce mais 6 ou 7 pays européens simultanément.
Alors là ça ne passe plus du tout. On en sera réduit à un point ou la seule solution qui restera ouverte sera : le défaut (il faut bannir le terme de faillite utilisé pour les agents privé. Un État ne fait pas faillite, il arrête de payer. Il n'est jamais mort de faire défaut, au contraire il s'en porte souvent mieux). Donc si on passe la borne du défaut, on rentre dans un monde inconnu. Le défaut souverain aurait la propriété de propager des pertes immenses à travers tout le secteur bancaire dont les bilans sont farcis de titres de la dette publique et qui étaient réputés les plus surs jusqu'à présent et dont on s'apercevra qu'ils vont être massivement dévalorisés. Retour à la case départ, c'est à dire en 2008. Pas sous l'effet de la dégringolade des crédits immobiliers, mais sous l'effet de la dégringolade des dettes souveraines. Alors là on se retrouve en situation d'avoir à sauver le secteur bancaire une 2e fois.
Alors voila ma modalité de nationalisation du secteur bancaire à ce moment là : la saisie (donc 0 euros). Et l'argument est : nous n'avons le choix (en cette situation très précise) qu'entre deux états du monde et deux seulement : le premier on laisse les banques faire faillite et les actionnaires perdent tout et nous mourrons avec. Le deuxième état du monde est : nous saisissons les banques, nous vivons à nouveau, et en effet les actionnaires perdent tout également. Donc les actionnaires perdent tout dans les deux états du monde, simplement il y en a un où on reste vivant et ils sont seuls à mourir. Moi je n'hésite pas un instant."
On notera aussi qu'il parle longuement de la crise et réclame la renationalisation des banques sur son blog hébergé par le Monde Diplomatique.
Alternative Vote
vonric | 13 juin, 2010 14:18
J'ai déjà expliqué tout le mal qu'on peut penser du système électoral britannique: non représentatif et avec un très faible participation.
J'ai même expliqué il y a quelques années les différentes alternatives et options pour un changement de mode de scrutin.
Aucun parti n'ayant recueillit la majorité absolue aux dernières élections, les Libéraux Démocrates (très défavorisés par le système actuel) se sont retrouvés en position de force pour négocier leur appuie en échange - notamment - d'un referendum sur le passage à un mode de scrutin avec la méthode AV (Alternative Vote, aussi appelé STV et utilisée en Australie).
Voici une comparaison des deux modes de scrutin:
Le système actuel: First-past-the-post
Le système actuel
d'élection des députés à la Chambre des communes est appelée
first-past-the-post. Il ya 650
circonscriptions distinctes à travers le Royaume-Uni et chacune élit un
seul membre du Parlement. Pour voter il suffit tout
simplement de mettre un «X» à côté du nom du candidat que vous soutenez. Le candidat qui obtient
le plus de votes gagne, peu importe si il ou elle a le soutien de plus
de 50%. Une fois que les membres
ont été élus individuellement, le parti ayant le plus de sièges au
Parlement, peu importe si elle a ou non une majorité à travers le pays,
devient normalement le prochain gouvernement (mais par tradition, en cas de minorité le Premier Ministre sortant a la priorité pour essayer de former un gouvernement).
Le système qui devrait être sujet à referendum: Le vote préférentiel (AV)
Les limites des
circonscriptions électorales utilisées sont les mêmes et les électeurs
élisent une seule personne pour les représenter au Parlement, comme maintenant. Toutefois, plutôt que de
marquer un «X» devant leur candidat préféré, chaque électeur doit classer les candidats par ordre de préférence, mettre «1» à côté
de leur favori, un «2» par leur deuxième choix et ainsi de suite. Si un candidat recueille
la majorité des votes de première place, il ou elle sera élu tout comme
dans le système actuel. Toutefois, si aucun
candidat n'obtient plus de 50% des voix, le deuxième choix pour le
candidat ayant le moins de suffrages sont redistribuées. Le processus est répété
jusqu'à ce qu'un candidat obtienne la majorité absolue. Le vote alternatif n'est
pas réellement un système proportionnel, mais un système majoritaire, qui permet toutefois une meilleurs représentativité des choix des électeurs.
[traduit de l'article electoral-reform]
Un mot sur la retraite
vonric | 06 juin, 2010 17:00
La France gronde en ce moment du débat sur la réforme des retraites.
Je devrais me sentir peu concerné, ayant pour le moment cotisé en majorité au Royaume Uni où l'age légal est de 65 ans (66 ans en 2014, 67 ans en 2030 et...70 ans en 2050).
Il y a pourtant beaucoup à dire. Que signifie reculer l'age de la retraite? Cela veut-il dire travailler plus longtemps ? Non, car si on peut partir à la retraite a partir de 60 ans, on subira de doute façon une décote si on n'a pas assez d'années de cotisation. Pour ceux qui ont commencé a travaillé plus tard ou qui se sont arrêtés, il faut souvent atteindre deja 65 ans en France pour avoir une retraite à taux pleins.
La France étant l'un des pays ayant le plus faible taux d'emplois des plus de 55 ans (comme des moins de 25 ans d'ailleurs), reculer l'age de la retraite veut tout d'abord dire deux chose:
- Cela revient à diminuer les retraites: à moins que les entreprises françaises changent radicalement de politique de recrutement, le retour a l'emploi des "seniors" étant très très faibles le gouvernement devrait jouer honnêtement et annoncer une paupérisation des retraités futurs !
- Cela permet de réduire à court terme le déficit de l'Etat sans vraiment engager les réformes structurelles dont le pays a besoin.
Le point 2 est très bien expliqué par Daniel Cohen dans une tribune publiée dans Le Monde :
"Le seuil des 60 ans
ouvre seulement le droit de liquider sa retraite à taux plein si l'on a
cotisé les annuités requises, et avec décote sinon.
Considérons un salarié qui n'a pas
cotisé suffisamment, mais qui décide quand même de prendre sa
retraite. Où est le mal ? Il part plus tôt mais il gagne moins. La
décote qui lui est appliquée permet, en théorie, de rendre ce choix
indifférent à l'Etat. Ce qui change est le déficit courant, on devrait
dire "en trésorerie", de l'Etat. C'est préoccupant pour un
gouvernement inquiet de l'évolution à court terme de ses finances
publiques". [via @si]
Autrement dit, en repoussant immédiatement l'âge légal, le
gouvernement récupère des cotisations supplémentaires et retarde le
paiement des pensions. Le déficit baisse à court terme et les marchés financiers sont rassurés.
N'oubliez jamais que lorsque le système de la retraite par répartition a été payé, c'était vos cotisations qui payaient vos futures retraites. On est passé aujourd'hui à un système ou vos cotisations payent les retraites actuelles. Pourquoi ne pas expliquer que l'Etat a très mal géré les choses et dépensé sans compter, au lieu d'expliquer que ces fainéants de vieux français ne veulent pas travailler après 60 ans ?
Il en résulte plusieurs points:
- Il n'y a aucun sens à fixer un age butoir de retraite.
- Il est parfaitement compréhensible (et d'ailleurs nécessaire) de discuter du nombre d'annuités nécessaires avant un départ à taux plein.
- La durée de cotisation devrait tenir compte de l'espérance de vie et de la pénibilité du travail. Un ouvrier dont l'espérance de vie est de 25 ans à 60 ans ne devrait pas cotiser le même nombre d'années que le cadre qui bénéficie encore de 35 ans d'espérance de vie au même age.
- Avant de s'attaquer aux retraites, il serait bon de mettre en avant des mesures afin de favoriser l'emploi des seniors.
Oublions l'age légal de la retraite: pourquoi ne pas fixer une retraite à la carte, en fonction de ses cotisations ? Si on veut partir à 55 ans avec 30 ans de cotisations, alors on reçoit 30/40 de sa retraite, ou 30/45 si on doit cotiser 45 ans (je simplifie), assortie de mesures favorisant l'emploi de seniors qui choisissent de prolonger leur activité. Tout autre système n'a pour but que de créer de la trésorerie à court terme pour l'Etat et pénaliser ceux des classes ouvrières qui ayant commencé à travailler très tôt cotisent déjà actuellement plus que les autres !
France/UK: la poste, même combat
vonric | 04 octobre, 2009 13:34
Cela fait longtemps que je pensais en parler, faire un article de fond là dessus, un truc sérieux un peu genre à la Nemo. Mais le temps (et je dois avouer, un grand coup de flemme depuis quelques jours).
Donc je vais un peu céder à la facilité et citer quelques articles pêchés ici et là en guise de réflexion.
Quelques réflexions: Je ne me prononcerai pas sur le bien ou le mal d'une privatisation rampante de la Poste ; je me permettrai toutefois de signaler que l'Histoire ne plaide pas en faveur de la privatisation de grands services publics. Il suffit de voir la catastrophe du train en Grande Bretagne dont malheureusement je vois les conséquences tous les jours. La raison voudrait que l'on ne privatise que des services sur lesquels il peut y avoir une vraie concurrence: pour les trains, il faudrait mettre 2 rails côte à côte pour pouvoir faire rouler 2 trains en concurrence. Pour les autoroutes, il faudrait 2 autoroutes côte à côte pour que l'automobiliste puisse véritablement choisir le meilleur réseau lorsqu'il veut rejoindre A à B. Sans cela, que se passe-t'il lorsque l'entreprise privée disparaît, soit parce qu'elle fait faillite, soit parce qu'elle considère le service comme non rentable ? Et bien l'État, c'est à dire nos impôts, doit s'y substituer. peut être réaliser les investissements nécessaire à la continuité du service et que l'entreprise privée n'aura pas effectué, sur un principe de rentabilité de court terme et de rémunération de ses actionnaires.
Dans le cas d'un service postale privé, que se passerait-il des Postes non rentables. Une entreprise privée fermerait ses succursales sans profit, ou tout au moins réduirait le service: une distribution de courrier tous les 2 jours, 1 fois par semaine...etc. Si cela est jugé inacceptable... et bien l'État devra mettre la main à la poche pour rétablir le service, ce qui équivaut à demander au citoyen de payer à nouveau pour rétablir un service qui périclite, tout en ne bénéficiant plus d'activité plus rentables pour l'équilibrer, qui resteraient, elles, privatisées. Le fameux: on privatise les profit et nationalise les pertes.
En France le débat fait rage, puisqu'on est en plein dans l'actualité avec l'organisation d'une "consultation" cette semaine sur le projet du gouvernement.
Sur le principe de la consultation, je n'ai pas l'esprit chagrin d'Authueil qui parle d'escroquerie démocratique. Il s'agit ni plus ni moins d'une pétition géante, que ses auteurs on le merite de présenter sous un jour flatteur afin d'y apporter le plus de visibilité possible et de porter leur message. Je dis bravo et salut l'organisation.
Sur les assurances apportées par le ministre Estrosi, que dire... Un grand éclat de rire peut être ? Comment croire sérieusement celui qui il y a encore peu assurait ses électeurs à la mairie de Nice qu'il se consacrerait 100% à celle ci. Comme le rappelle à juste titre Nicolas Demorand, il est à bonne école, puisque c'est Sarkozy qui assurait les Français lorsqu'il était lui même ministre que jamais GDF ne serait privatisé. on connaît la suite. De toute façon la capacité de mensonge des politiciens ne cessera d'étonner. Sur ce même interview d'Estrosi raconte tout simplement n'importe quoi comme le démontre Jean Quatremer.: toutes les directives ont été votées par la France au niveau de l'UE, que ce soit par des gouvernements de gauche ou de droite.
De l'autre côte de la Manche, l'inquiétude est plutôt sur les fermetures de bureaux de poste. On ne compte plus les campagnes "Save our post office". De nombreux bureaux ferment en effet en Angleterre, où la poste est accusée de faire d'énormes pertes. (mais un service public doit-il forcément être rentable ?).
Une amie anglaise m'indiquait récemment qu'elle ne s'étonnait pas des difficultés de la poste et de la baisse du trafic la plupart du temps avancée pour expliquer les pertes, du fait du développement des échanges sur Internet. Mais un article de Rue89 (sur la France, mais qui doit aussi bien s'appliquer sur la situation britannique) remettait les pendules à l'heure:
Le courrier ne se porte pas si mal, d'abord au niveau chiffre d'affaires :
* 2004. 10,87 milliards d'euros
* 2005. 11,24 milliards d'euros
* 2006. 11,31 milliards d'euros
* 2007. 11,57 milliards d'euros
* 2008. 11,31 milliards d'euros
En terme de trafic, le recul est régulier depuis 2003 :
* Entre 2003 et 2007. -1% par an
* 2008. -3 %
* 2009. Entre -5 et -6%
Traduit en volume de documents acheminés, cela donne :
* 2005. 28,6 milliards
* 2006. 28,4 milliards
* 2007. 28 milliards
* 2008. 27 milliards
L'explosion de la vente en ligne dope le trafic des colis
A l'inverse, le développement de l'e-commerce a tout simplement fait exploser l'activité colis, plus rentable que celle du courrier : Le chiffre d'affaires du Colis Express (cela regroupe le Chronopost spécialisé dans la livraison rapide en 24h et le Colisposte livré en 48h) en témoigne :
* 2004. 3,48 milliards d'euros
* 2005. 3,68 milliards d'euros
* 2006. 4,17 milliards d'euros
* 2007. 4,5 milliards d'euros
* 2008. 4,7 milliards d'euros
Le web est donc en train de sauver une activité qui est très européenne, car une grosse partie de la vente en ligne vient d'Allemagne ou d'Italie. Geopost, qui regroupe les filiales « express » de La Poste en Europe, est le deuxième opérateur du continent sur ce créneau. Les chiffres du trafic concernant les colis (livraison en 48h) :
* 2004. 250 millions de colis
* 2005. 260 millions de colis
* 2006. 263 millions de colis
* 2007. 274 millions de colis
* 2008. 270 millions de colis
Et pourquoi pas mettre en place des service publics Européens ?
MISE A JOUR: 9 septembre 2009:
Sur Politique.net: Comment le gouvernement a évité la possibilité d'un référendum d'initiative populaire pour le statut de La Poste
et une vidéo:
Si t'as pas de mention t'as raté ton bac
vonric | 11 juillet, 2009 19:12
Je paraphrase un peu une célèbre tirade humoristique de Séguéla. Je vais au Lycée de Londres dans quelques heures, retrouver la communauté française et célébrer (peut être sous la pluie) un peu en avance le 14 juillet. Mais je m'égare, car l'objet de ce billet n'est pas de parler de "Bastille Day" comme disent les anglais (nous verrons ça le jour venu), mais des résultats du bac.
En revenant de Paris il y a quelques jours, je lisais un article du Figaro (je sais, personne n'est parfait !) qui titrait: Près d'un bachelier sur 2 obtient une mention et qui commençait comme cela:
"Cette année encore, environ 47 % des bacheliers généraux auront
décroché une mention. «Ce n'est plus simplement le bac que l'on obtient
dans une pochette-surprise…» [...]
La proportion d'élèves qui obtient le bac général avec une mention
très bien est passée de 0,3 % en 1967 à 4,9 % en 2006, les mentions
bien de 4,4 % en 1967 à 13,6 %, les mentions assez bien de 27,1 % à
27,8 %."
Au Lycée Français de Londres, voici la répartition (il n'y a aucun échec):
Oui vous lisez bien: 84% de mentions très bien, bien ou assez-bien. On n'est plus à l'objectif the 80% d'une classe d'age avec le bac, on a dépassé le 80% avec mention !
Lorsque j'ai passé le bac (il y a trèèèèès très longtemps) il y a eu dans ma classe (Lycée avec 100% de réussite au bac scientifique) une mention Bien et deux mentions AB. Un ami me disait dernièrement (parlant de sa fille mention TB mais qui a raté sa première année de médecine): le curseur a bougé. A ce niveau, l'oscillation a du péter le quadrant !
En tout cas les Anglais pensent avoir trouvé la solution (j'en parlais ici) : ils ont inventé une nouvelle note, le A* (et il y aura peut être A** ensuite). Les Français pourraient introduire mention Excellent, puis mention Très Excellent ou Excellentissime si cela ne suffit pas ?
(je classe ce billet dans la catégorie : Propositions)