« |
»
Privatisation et incompétence: un système qui déraille
vonric | 31 octobre, 2005 09:45
Tous
ceux qui se sont trouvés dans des stations de train/métro en début de
semaine (que ce soit à Paris ou à Londres d'ailleurs) vous le
confirmeront : les files d'attente sont toujours interminables pour acheter un billet.
Pas de problème, il suffit d'acheter son billet en avance me dites
vous ? Pas à Londres... Depuis la station de train de Clapham Junction,
on refuse de me donner une extension de la zone 2 à Ealing Broadway
(zone 3 de Londres) ou je me rends lundi : "Go to Victoria Tube Station" me dit-on, ici on ne vend que des billets de train. A Victoria, je demande donc un ticket pour le lendemain. " We cannot sell tickets for another day but today"
(ici, il faut savoir qu'à Londres seule la date indiquée sur le billet
indique qu'il est valide. Impossible donc d'acheter plusieurs tickets à
l'avance, ou d'utiliser utltérieurement un ticket inusité). Bref, vive
le système de transport intégré: impossible d'acheter son billet pour
le métro dans une station de train, impossible d'acheter son billet à
l'avance,...et impossible de renouveler sa Oyster card (carte de
transport prépayée vendue uniquement dans le métro) à Ealing car la station est gérée...par le train (dixit uen amie) !
Je suis donc monté dans le métro sans billet pour la
fin de mon trajet, en me disant que j'allais l'acheter une fois arrivé
(la dernière fois que quelqu'un m'a dit avoir fait ca, il a recu une
amende de £20 - qui devrait passer à £50
!). Arrivé sur place, on me fait passer les barrières en me disant simplement d'acheter un
billet aux machines... qui ne délivrent que des tickets au départ
d'Ealing, pas à l'arrivée !
Au sujet des Oyster Cards, ce système de carte prépayée (qui soit dit en passant enregistre tous vos déplacements - Big Brother is watching!), le maire de Londres pousse à son utilisation. Ceux qui ne l'utiliseront pas verront le prix de leur transport augmenter de 50% au premier janvier. Le gros avantage de la carte à huitre est que, faisant office de porte monnaie électronique, il draine dans les poches de Transport for London
des millions de pounds disponibles, non utilisés par les usagers des
transports. Moyen assez simple de mettre à sa disposition des
liquidités, sans emprunter.
Bien
entendu, comme le système de billet n'est plus unifié depuis la privatisation, chacun
fixe donc les tarifs qu'il veut, selon sa politique, sans se soucier
des usagers. En discutant avec le manager de la station de Clapham
Junction, j'ai ainsi apprit, la semaine passée, que les compagnies de
train (privées) ne fairaient plus d'investissement avant 2007. En
effet, l'an prochain leurs franchises doivent être renouvelées par le
gouvernement. Il serait stupide pour une entreprise privée d'investir
sachant qu'elle ne sait pas encore si l'Etat lui accordera encore le
droit d'opérer sur une ligne de train au vu de ses performances
passées !
Au niveau des stupidités, je note l'intervention du Secrétaire
Britannique aux transports, rapportée par les journaux ce matin : il
souhaite installer des scanners dans les stations de train et de métro,
solution qu'il explique par le soucis d'éviter de nouveaux attentats
comme ceux qui ont frappé Londres le 7 juillet dernier. Lorsque vous
voudrez prendre le métro, il faudra donc se rendre à la station 1h
avant, afin de faire scanner vos bagages et passer sous le portique de
sécurité comme dans les aéroports. Question : "Combien est-il payé par le contribuable pour pondre de telles idées ?"
"Combien est-il payé par le contribuable pour pondre de telles idées ?" Difficile à dire.
Je pense que les vraies questions sont: Qui fabrique les portiques ? son beau-frère ? Ou quel pourcentage des ventes reviennent dans sa poche ? C'est pas possible autrement, même si je ne doute pas une seule seconde que le mec n'a jamais mis les pieds dans le métro !
La psychose securite a Londres n'est unique. A l'aeroport de Manchester, non seulement on vous demande d'enlever vos chaussures, mais ils vous traitent comme un troupeau de vaches avec un canne. Il faut obeir et ne pas poser de questions.
Lorsqu'on est en sandales, on se retrouve pieds nus (au moins que l'on est des chaussettes blanches sexies), mais le pire est le fait que les chaussures sont places dans les boites plastiques pour passer aux rayons X. Merci les odeurs, lorsque l'on pose vetements, cles et sacs dans les memes boites. Heureusement, c'etait pendant l'ete, je n'imagine pas ce qu'il se passera un jour pluvieux.