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2084 ?
vonric | 17 janvier, 2006 11:47
"Naturellement, il n'y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. On pouvait même imaginer qu'elle [la Police] surveillait tout le monde. Mais de toute façon, elle pouvait mettre une prise sur votre ligne chaque fois qu'elle le désirait. On devait vivre, on vivait, car l'habitude devient instinct, en admettant que tout son émis était entendu et que, sauf dans l'obscurité, tout mouvement était perçu. [...] Voilà Londres". Ces quelques phrases pourraient être tirées du Independent du 22 décembre 2005 décrivant le futur proche de l'Angleterre. Certains auront bien sur reconnu un extrait du livre de George Orwell (de son vrai nom Eric Blair, sic !), 1984.
Selon le quotidien britannique, la Grande Bretagne va devenir le premier pays dans le monde où les mouvements de tous les véhicules sur les routes seront enregistrés. Un nouveau système national de surveillance gardera les données pendant 2 ans (il y a déjà des plans pour étendre la durée de conservation des données à 5 ans). En utilisant un réseau de caméras 24h/24 et 7j/7, sur les routes, les stations d'essence, les magasins et dans les villes, qui peut lire automatiquement les plaques minéralogiques des voitures (ANPR - le système utilisé pour la Congestion Charge dans le centre de Londres), le plan est donc de rassembler une énorme base de données de manière à ce que la police et les forces de sécurité puissent analyser tous les mouvements effectués par un conducteur pendant plusieurs années.
En plus de la lutte contre le crime organisé mise en avant, ce système pourra aussi être utilisé pour vérifier que chaque véhicule est en règle avec son assurance et sa vignette.
Dans le futur, les voitures auront probablement une puce qui contiendra leur "identité", ce qui permettra d'éviter de lire les plaques (et donc les méthodes telles que la bombe de phantomplate deviendront obsolètes).
Et ce système est
seulement le début d'un plan lancé par le gouvernement Blair pour
surveiller tous les mouvements des citoyens britanniques.
Le Home
Office Scientific Development Branch dans le Hertfordshire, travaille
déjà sur un système qui permettrait cette fois ci de reconnaitre automatiquement les visages des individus, via les caméras de CCTV qui se trouvent non seulement dans les rues, mais aussi dans les magasins et les entreprises privées.
L'ensemble des données collectées via l'ANPR (dirigé par
l'Association of Chief Police Officers) sera bien sur lié au Police
National Computer, situé dans les mêmes locaux à Hendon, pour être
constamment mis à jour.
Des dirigeants de la Police ont décrit ce réseau de surveillance
comme la plus grande avancée technologique dans le secteur de la
sécurité et de la lutte contre le crime, depuis l'introduction des
relevés d'ADN.
Justement, en parlant d'ADN, le Telegraph du 5 janvier 2006 nous
apprenait que le gouvernement travailliste a réussit à construire en
10 ans une jolie collection : 3 millions
d'empreintes
aujourd'hui et un objectif de 4.2 millions en 2008 (il y en avait 700
000 lorsque le Labour est arrivé au pouvoir en 1997) ! En comparaison, c'est 50 fois la
taille
de l'échantillon en France, et de loin la plus grande base d'ADN dans
le monde, proportionnellement.
Non seulement la base
contient l'ADN de personnes qui ont été inculpées, mais aussi près de 150 000 personnes complètement innocentes,
(des témoins par exemple) dont l'échantillon
peut cependant être conservé indéfiniment. Parmi eux, ceux qui ont
souhaité voir leur ADN supprimé des fichiers se sont vu rétorquer par
Lord Brown, un des cinq Law lords (sorte de Haute Court de Justice),
qu'il ne voyait pas la nécessité de cette demande si on n'a rien à se
reprocher. Dont acte ! (bizaremment ce juge n'a pas non plus souhaité donner son ADN
volontairement apparemment). D'un autre côté certains
responsables de la police souligne que la conservation de ces
échantillons peut parfois poser un problème et qu'ils ne sont pas
complètement sur de la concordance entre certains échantillons et les
individus liés.
Pire, le Guardian révèle le même jour que sur l'ensemble de la population, 37% des britanniques noirs sont dans la base, 13% des asiatiques et seulement 9% des blancs. L'apparence éthnique est enregistrée dans la base, basée sur le faciès de la personne et sur le jugement du policier qui procède à l'inscription.
Vous ajouter à cela l'existence du réseau de surveillance anglo-saxon Echelon,
dont la base Européenne est à Menwith Hill en Angleterre, et qui a pour
but l'interception mondiale des communications privées et publiques générées par l'activité
humaine, ainsi que la technologie en devenir des puces VeriChip implantées dans le corps humain dont je parlais cet été, et vous avez donc la mise en place d'un système Orwellien :
- les mouvements des véhicules et des individus seront enregistrés 24h/24 et 7j/7 et stockés;
- les communications seront (sont) écoutées en permanence;
- la trace génétique de chaque individu sera conservée dans des fichiers;
- des puces dans leur véhicule et dans leur corps permettront de les identifier.
Il n'y aura pas moyen de savoir si, à un moment donné, on est surveillé. George Orwell l'avait imaginé pour 1984 , son homonyme Tony Blair l'aura bientot réalisé... peut être pour fonctionner pleinement en 2084 ?
Face à la folie sécuritaire de certains gouvernements, la solution semble aujourd'hui se trouver du côté de l'Europe. Des groupes de défense britanniques se tournent actuellement vers la Cour Européenne des Droits de l'Homme afin de faire tomber ces législations. L'Europe à la rescousse du citoyen, qui plus est du citoyen anglais, voila qui va bien à l'encontre de tous les discours eurosceptiques.
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A lire également : 1984 et DNA and ADN sur Channel French.