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Polémique sur les immeubles de grande hauteur à Paris et à Londres
vonric | 03 juin, 2007 13:49
Paris est bien délimité. La ville a une forme, façonnée par le périphérique (une sorte d'escalope, tous les garçons bouchers vous le diront) ; elle a aussi un plafond : 37 mètres de hauteur instauré par Valéry Giscard d'Estaing en 1976.
Le projet de modification du plan d’occupation des sols de 1977 est actuellement en cours, avec pour toile de fond un débat passionné autour de la question : Peut-on construire des tours de grande hauteur dans Paris ?
Le maire de Paris, soutenu par le PCF mais avec l'opposition des verts a retenu trois sites en bordure du périphérique, pour accueillir des immeubles de grande hauteur : Porte de la Chapelle, porte de Bercy et porte d'Ivry. Certains ne dépasseraient pas 50 mètres, soit environ 18 étages. D'autres culmineraient à 200 mètres, comme la tour Montparnasse (de toute façon, les seuls terrains actuellement disponibles, mis à part quelques 82 hectares appartenant à l'Etat, se trouvent en périphérie et aux portes de Paris donc cet apparente limitation aux bordures de la villes est un trompe l'oeil).
En réponse aux parisiens qui s'alarment de cette tentative de "défigurer" Paris, la mairie souligne le manque criant de logements et de locaux commerciaux. Se disant opposé aux immeubles de grande hauteur au centre de la ville, Bertrand Delanoë dit toutefois vouloir ouvrir le débat et cite l'exemple de la tour de Norman Foster (le dildo géant cornichon érotique
) au centre de Londres (à ceci les détracteurs on beau jeu de souligner les horreurs des Olympiades et du front de Seine).
Du coté de Londres, point de limitation officielle dans la hauteur des bâtiments. Les immeubles fleurissent dans la City, le plus élevé étant la tour 42, anciennement tour Natwest (l'immeuble le plus élevé de Londres est toutefois la tour de Canary Wharf).
Toutefois la bataille entre conservateurs et modernistes fait rage ici aussi, les premiers étant soutenus par London Heritage, qualifié de "puérile" par les seconds. Le dernier objet de conflit est le Walkie-Talkie (les anglais ont le goût des images pour décrire leur architecture) qui pourrait voir le jour entre la Natwest Tower et le Gherkin de Foster, juste devant le Pinnacle, à construire lui aussi. London Heritage, mais aussi l'Unesco s'alarment du fait que les vues de la tour de Londres ne paraissent pas suffisamment protégées de l'appétit toujours plus grand des promoteurs immobiliers de la capitale anglaise.
De plus il y aurait aussi en projet deux tours géantes du coté de Victoria, avec vue sur Buckingham Palace (oh oh la reine se sentirait-elle espionnée ?).
London sera-t'il protégé contre lui même ? Peut être bien car David Lammy, le ministre de la culture britannique se rendra à une conférence de l'Unesco cet été afin de tenter de ....torpiller la volonté des membres de l'organisation internationale de mettre la Tour de Londres et le Palais de Westminster sur la liste des patrimoines menacés !
Voici une autre manière d'aborder le problème. J'habite dans une maison typique de Londres qui date de l'ère victorienne, toute en briquettes et euh... en briquettes, au bout d'une terrace (bloc de maisonettes collées les unes aux autres). En comptant le sous-sol, nous dirons qu'il y a quatre étages. L'espace est mal étudié (ou plutôt n'est plus adapté), et la maison en elle-même tombe en ruine: fissures sur la façade, le muret de l'endroit, sur le toit, dans la cage d'escaliers... partout! Ces fameuses briquettes ont été remplacées tant de fois qu'on ne peut même plus dire lesquelles sont d'origine mais par contre on peut lire la chronologie des réparations sur le mur.
Ma question est: pourquoi s'acharne-t-on tellement à maintenir vivant un type d'habitation qui a plus que fait son temps et qui est obsolète compte-tenu des besoins et des modes de vie actuels. Rajoutons ne serait-ce qu'un étage à ces bâtiments... combien de personnes logeons-nous? Evidemment, ne rasons pas tout... mais bon, parfois ça frole le ridicule. D'autant qu'il existe de millier de maisons dans ce style dans tout Londres, que ce n'est pas la plus belle architecture qu'ait produit le pays. Et je tiens à préciser que je paye une fortune pour un truc qui ne le vaut vraiment pas (isolation préhistorique, tuyauterie du 3ème âge, boiserie en fin de vie, ...)
Donc pour en revenir au sujet, si déjà on parlait de projets immobiliers pour les particuliers à des hauteurs décentes sans forcément en venir aux extrêmes et à la folie des grandeurs...
Je pense que le problème que tu évoques est plutôt le célèbre adage anglais "don't repair when it's not broken", autrement dit, pas de maintenance, il suffit d'attendre que ca s'écroule pour réparer...! Et d'autant plus lorsque ce sont uniquement des locations (ah les fameuses shash windows qui laissent passer le vent d'hiver...).
D'autres maisons de type victorien (celle ou j'habite par exemple) sont beaucoup plus agréables a vivre que dans une tour :-)