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Welcome
vonric | 29 mars, 2009 10:08
Mercredi 11 mars est sorti le film "Welcome" du réalisateur Philippe Lioret.
Le "pitch": Pour reconquérir sa femme, bénévole auprès des sans-papiers, Simon [Vincent Lindon],
maître nageur à la piscine de Calais, décide d'aider un jeune réfugié
kurde qui veut traverser la Manche à la nage pour rejoindre, à Londres,
sa fiancée. Il lui donne des cours de natation, le fait dormir un soir
chez lui… et tombe ainsi sous le coup de la loi qui interdit d'aider
les hommes et femmes en situation irrégulière.
Le film parle des sans papiers dans la région de Calais. Le réalisateur a exploité 5 ans de contacts avec des bénévoles du nord, de faits divers, d'histoires de terrains pour faire une histoire à mis chemin entre le documentaire et la fiction.
Je parlais il y a 2 ans des conséquences de la politique de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, qui fit fermer le centre de réfugiés de Sangatte dans le Pas de Calais le 5 novembre 2002 (faisant ainsi plaisir au gouvernement de Tony Blair et aux tabloids anglais, et s'offrant du même coup une très bonne couverture médiatique) sans aucun suivi. La méthode Sarko : on cherche à changer l'image projetée sans comprendre les sources du malaise et remédier aux causes.
Conséquence: les migrants qui cherchent toujours à passer en Angleterre errent dans la ville, où l'Etat a déployé un arsenal répressif: 500 policiers, des fourgons de police à chaque carrefour, 35000 interpellation l'an passé (ainsi à Calais même on dépasse largement les quotas nationaux fixés par le gouvernement chaque année). Malheureusement la plupart des gens qui sont là ne sont pas expulsables: érythréens, somaliens, afghans, irakiens, palestiniens... etc.
L'émission d'Arrêt sur Image était consacrée au sujet la semaine dernière (je vous encourage à vous abonner - 30 EUR/an - c'est une superbe source d'information - et non, je ne suis pas sponsorisé par @si). Voici un extrait:
On parle ici d'une situation extra-ordinaire, qui dépasse les descriptions des rapports habituels entre police et populations. Moins que la référence à la période 1940, le parallèle peut être fait avec les années 30, la crise, la chasse à l'étranger et la mise en place de camps de rassemblements, comme l'indique sur le plateau Michel Feher, philosophe et coordinateur de l'ouvrage consacré aux sans-papiers, Cette France-là.
Etant moi-même fils d'immigrés, c'est un sujet que je sais ô combien difficile. Les réflexions manichéennes sont à exclure.
Il ne s'agit ni d'accepter toute forme d'immigration qui risque de perturber un équilibre socio-économique déjà fragile ni de déshumaniser les rapports et de traiter l'immigré comme un délinquant forcené.
La seule et véritable réponse humaine à cela est, me semble-t-il, de mener une véritable politique occidentale concertée, de développement des pays les plus pauvres: leur donner les moyens de stabiliser leurs gouvernements, de réduire drastiquement la corruption et de développer l'exploitation de leurs ressources afin qu'elles ne bénéficient plus aux seuls pays développés.
Je ne sais que trop bien qu'on ne choisit pas vraiment de quitter son pays d'origine. On oublie trop souvent qu'un immigré quel qu'il soit, a le plus souvent été forcé de se déraciner (raisons économiques ou politiques), l'émigration étant un choix de dernier ressort et certainement pas une facilité.
Mes propres parents n'ont pas eu d'autres choix que de quitter leur pays dès qu'ils en ont eu l'âge en raison d'un climat économique et politique invivable...même si l'on part à plusieurs, quitter sa famille, ses amis, son pays, sa culture...est tout sauf un plaisir mais une nécessité.
Rappelons le droit fondamental à tout être humain de rechercher le bonheur...
Grrr !
Mon com a été bouffé ! Je recommence en plus court :
J'ai arrêté de suivre le site ASI à partir du moment où il est devenu payant - que veux-tu, on est radin ou on ne l'est pas !
J'ai toujours énormément apprécié l'esprit critique et les analyses souvent très pertinentes de cette équipe.
Nemo> Tout a fait... et a notre niveau, plutôt qu'une politique "occidentale" je parlerais d'une politique européenne.
Didou> Ah, tu utilises IE? (il efface le com si mauvaise manip) plutôt que FF... passe sous FF ;-) Sinon, prends pour habitude de le sauver (Ctrl+C) avant d'appuyer sur envoi.
Pour @SI... oui 30euros... mais regarde les avantages:
- 2 EXCELLENTES emissions que tu peux regarder quand tu veux, ou tu veux: ASI et maintenant l'émission littéraire (invité de la dernière: Regis Debray). Plein d'analyse, de dossier, de décryptage, y compris la presse internationale.
- pour les radins plein de breves a 0 euro.
- une bonne action en supportant une équipe qui fait du bon boulot et en encourageant les démarches de qualité.
- la possibilité de faire comme moi, et leur dire qu'au lieu d'un forum, il serait bien d'activer les commentaires en bas de chaque articles, plus facile a suivre (comme rue89).
... et non, je ne suis pas rémunéré par ASI ;-)
c'est un beau sujet, c'est drole le film ne me tente pas, j'ai peur d'un déjà vu, d'un telephoné, d'une cause déjà juste...
risette> au contraire, je me serais dit que vu ou tu vis (et ton parcours par Albion), tu te sentirais concernée...
bein non, c'est juste que j'ai pas envie de voir des films pathétiques, tristes, même si je le sais la fin est pleine d'espoir...
mais voir encore et toujours les pauvres pêtites gens du Nord, la misère dans la misère, regardes y a pire, faut obligatoirement aider son prochain pour se sentir mieux...
C'est tout ça qui ne me tente pas du tout !