Honey
vonric | 24 août, 2008 03:02
Après midi courses au Asda du coin. Je passe à la caisse, récupère mes 2 sacs (oui, j'ai encore oublié d'emmener mes propres cabas... il faut vraiment que j'y pense). Je termine par un "cheers" et la caissière me répond du tac au tac: "have a good weekend darling" ! Même après 8 ans à Londres, j'ai du mal à m'y habituer.
La semaine dernière, en commandant mes billets Eurostar au téléphone, mon interlocutrice me lance un "no problem honey".
Il me semble que c'est un peu comme si la caissière du Monoprix (que vous ne connaissez pas du tout - sinon c'est pas du jeu) vous remerciait par un "à bientôt chéri". Essayez un peu à Paris pour voir la réaction des gens
L'affaire Wizzgo... le début de la fin ?
vonric | 19 août, 2008 22:18
J'avais parlé du service Wizzgo, une sorte de magnétoscope sur Internet qui vous permet d'enregistrer en quelques clics, de n'importe quel PC, toute la TNT. Service accessible n'importe où, et je m'interrogeais d'ailleurs sur la légalité de celui ci. Le coup a été porté plus simplement, sur la fonctionnalité même du service, alors qu'aucun accord n'était passé avec les chaînes diffusées: M6, W9 & associés ont décidé de porter l'affaire devant la justice, qui a fait connaître sa décision, commentée par Maître Eolas.
Et celui ci de conclure:
La société Wizzgo se voit donc interdire de proposer l'enregistrement des programmes de M6 et W9, sous astreinte de 10.000 euros par infraction constatée, et doit fournir aux demanderesses les données relatives à leurs programmes ainsi illicitement enregistrés. Autant dire que si les autres chaînes de la TNT font de même, c'est la survie même de Wizzgo qui est en cause.
[...]
Au-delà de sa viabilité économique, qui ne concerne que les associés de ces sociétés commerciales (Wizzgo est une Société Anonyme), ses créanciers et dans une moindre mesure ses clients, le problème de la licéité du modèle semble de plus en plus douteuse. Une telle activité faite sans le consentement des fournisseurs de la matière première est illicite car parasitaire.
Notons ici que le juge n'intervenait pas sur le problème d'accessibilité du service à l'étranger, problème qui demeure entier. Rappelons que le service Wizzgo fonctionne comme un magnétoscope, c'est à dire que vous demandez via l'interface l'enregistrement, qui est effectué par Wizzgo, puis envoyé avec un délais de quelques heures après le programme, sur votre PC. Rien ne vous empêche de demander le téléchargement en France, de le recevoir en J+1 et de traverser la Manche pour le visionner en Angleterre directement sur votre PC en J+2.
Difficile dans ce cas la de contrôler le lieu de visionnage... [mise à jour 20/08/08 - la pratique est légale, cf commentaire d'Eolas ci dessous]
Quand au contrôle par adresse IP, vous pouvez toujours demander à une âme charitable d'actionner le service Wizzgo et de vous envoyer (FTP?, eMule) la video à l'étranger... Or la jurisprudence a déjà établi qu'un échange d'enregistrement sur la base du don était également illicite s'il sort du cadre privé proche permis par l'exception de copie privée (il s'agissait d'une personne enregistrant des films diffusés en français sur la télévision nationale et envoyait les cassettes à sa famille installée à l'étranger) [cf Eolas]. Donc le business modèle me semble bien mal engagé...
En attendant, je vais me visonner Zone Interdite enregistré le mois dernier via Wizzgo !
Hadopi version anglaise
vonric | 17 août, 2008 11:56
Alors que le débat fait rage en France sur les bienfaits (pour le gouvernement et les sociétés de distributions de musique) et les méfaits (tous les autres) du projet de loi Hadopi (appelé aussi loi contre le piratage), le Royaume Uni cherche lui aussi à légiférer dans le domaine.
Royaume Uni
- L'accord a été signé par les 6 fournisseurs d'accès Internet les plus importants (BT, BSkyB, Virgin Média, Orange, Tiscali et Carphone Warehouse - AOL, TalkTalk)
- Un courrier d'information sera envoyé aux centaines de milliers de comptes ayant servit à téléchargerou partager illégalement de la musique ; en pratique, les comptes identifiés par le BPI (British Phonographic Industry).
- L'autorité de régulation des média britanniques, Ofcom, souhaite que le gouvernement précise ce qu'il adviendra des mutliples récidivistes ayant ignoré plusieurs lettres. Le BPI devrait soumettre des propositions.
Les fournisseurs d'accès britannique souhaitent ainsi montrer leur bonne volonté afin d'éviter qu'une législation restrictive soit mise en place.
France
De ce coté là de la Manche, on garde ses bonnes habitudes
(renforcées depuis quelques années avec l'ère Sarkozy): légiférons,
légiférons toujours plus. A peine la loi DADVSI entrée en service douloureusement, on s'attelle à en mettre une autre sur pied.
- Envoi de lettres d'avertissement (estimation Versac: "10.000 plaintes par jour ! 3,5 millions de procédures lancées par an"

- Coupure de l'accès internet si récidive (en fait, il est possible de couper dès le premier avertissement, il n'y a pas de précision. Par ailleurs, on peut se demander s'il est possible - à l'heure des offres intégrées - de découpler les accès Internet-téléphone-TV).
- Constitution d'un fichier de "liste noire" des abonnés pirates.
- Possibilités de sanctions pénales pré-existantes (trois ans d'emprisonnement et 300 000 EUR d'amende) : HADOPI s'ajoute à DADVSI.
Deux façons donc d'aborder un même problème : en Angleterre on recherche l'accord et l'adhésion des partenaires privés. Au pays de Voltaire, l'initiative doit provenir d'en haut. Montesquieu peut définitivement rester du côté d'Albion.
J'adore
vonric | 10 août, 2008 12:04
Découvert via Arnaud : Mark Easton's UK
Et bien justement, cette semaine il revient sur cette histoire de couteaux, en indiquant les dates de la prochaine fete organisée en France:
L'occasion de rappeler que comme beaucoup d'enfants, lui avait été très fier d'avoir en cadeau un couteau suisse lorsqu'il était scout. Et très justement il ajoute:
"I worry that the British media, including the BBC, must take some
responsibility for a different epidemic - a phobia of street violence
which diminishes people's quality of life." [Je m'inquiète que les médias britanniques, incluant la BBC, prennent quelques responsabilités dans une épidémie différente - une phobie de la violence de rue qui diminue la qualité de vie de la population]
Et en comparant la manière de relater deux faits divers, l'un en 1945, l'autre en 1989, le premier factuel, l'autre usant avec force d'images et d'adjectifs chocs, le criminologiste Robert Reiner souligne que nous sommes aujourd'hui dans une culture de victimisation.
De nos jours, "the story
graphically details the fear and suffering of the girl, and undermines
any excuse of 'bad temper' offered on behalf of the accused. The story
is clearly victim-centred and demonises the offender."
"Crime stories fifty years ago took for granted that crime was wrong
independently of whether suffering was inflicted on sympathetic
victims. The burden of the story was to make the perpetrator
comprehensible."
Dans son livre en 1980, Crime News and the Public, Doris A. Graber note :
"The mass media supply a large amount of data about specific
crimes. These data convey the impression that criminals threaten a
legitimate social system and its institutions."
Et Mark de conclure:
In February 1999, an American Bar Association study on
"Federalization of Criminal Law" criticised the US Congress for passing
"misguided, unnecessary and harmful" anti-crime laws, for fear of
appearing "soft on crime."
I feel as though we have been living through an identical experience
a decade later. Crime has been falling for over 12 years and yet our
law makers have passed more than 50 Acts of Parliament to deal with
public concerns that it is getting worse.
Dans la rubrique : c'était mieux hier, la criminalité a-t'elle tant augmenté ? Non, bien au contraire, mais lorsqu'un fait divers arrive, on en parle beaucoup plus !
Privatiser les profits et socialiser les pertes
vonric | 03 août, 2008 14:42
Le PPP anglais (Public-Private Partnership) qui a souvent les faveurs française, devrait s'appeler PPSL (privatised profits and socialized loses). Après le sauvetage de Railtrack transformé en National Rail, après que les actionnaires qui s'étaient goinfrés en primes et bonus n'aient plus pu maintenir le service, après l'épisode de Métronet, société privée de maintenance et de gestion du métro de Londres en dépôt de bilan que l'Etat doit sauver, faute de ne plus avoir de transport, un nouveau scandale éclate : La société privée responsable des tests scolaires d'évaluation des élèves britanniques est aujourd'hui incapable de délivrer les résultats des examens des écoliers britanniques (retards, erreurs et inconsistance dans les notes notamment) ; pourtant son contrat (£154 millions sur 5 ans) sera maintenu car... cela coûterait encore plus de l'arrêter et de recommencer avec une autre société. Même en cas de faute prouvé, les avocats ont souligné le risque que des dommages et intérêts pour rupture précoce de contrat soient accordés à la société en question.
Bref, encore une fois, des services nécessaires au publique, ont été confiés à des entreprises privées, dont les dirigeants/actionnaires se sont goinfrés, sachant pertinemment que les risques étaient en fait toujours assumés par l'Etat, c'est à dire les contribuables.