La semaine la plus calme de l'année
vonric | 29 août, 2010 12:43
Si les premières semaines d'août sont souvent calmes en France, la période où tout marche au ralentit, où vous pouvez désespérément attendre des réponses à vos emails, ou organiser une réunion relève de la mission impossible, et où même vos amis vous lâchent, est celle qui précède le dernier weekend d'août en Angleterre. Pourquoi ? Et bien sans nul doute car c'est le dernier long week-end avant noël, puisque lundi est férié. La semaine prochaine étant synonyme de rentrée des classes, tout le monde a donc pris qui un très long week-end, qui ses vacances, cette semaine.
Donc je vais faire comme tout le monde, et vous planter là pour aller batifoler ailleurs ! (peut être ici, d'ailleurs).
Cinéma: rattrapage
vonric | 22 août, 2010 10:23
La semaine dernière je suis allé au cinéma. Chose très rare sur Londres car 1- le ciné n'est pas en face de chez moi (ça aiderait !) et 2- je ne suis pas un grand fan des blockbusters américains (mais grand amateur des comédies françaises, des films d'Autheil, de Dussolier, de Bacri...). Bref, à Londres on n'est pas aidé. Et quand un film francais sort, c'est longtemps après.
Donc la semaine dernière j'ai vu The heartbreaker, que vous connaissez sûrement sous le titre L'arnacoeur. J'ai adoré (mais bon je suis déjà fan de Duris avec ses deux films de Klapisch: L'auberge espagnole et Les poupées russes).
Aux côtés de Vanessa Paradis, Romain Duris et Julie Ferrier il y a François Damiens qui est excellent dans le rôle du 3e membre de la petite entreprise formée par Alex (Duris) et sa soeur (Ferrier).
On le retrouve dans la vidéo ci dessous (pêchée il y a longtemps sur le blog de Thomas Clément):
Le coup du vendeur qui regarde les infos produit dans la rétine du client est très bon. Ou le " "La tour, quand vous regardez l'ordinateur, elle est à droite ou à gauche ?" et "Vous avez quoi comme processeur ? C'est un Dynamic ? Un Pentium ? Un Electron ? Un Spectron ? Un Vectron ? Un Nitron ? Un Mochetron ?".
Et il y en a plein ici.
Bon, une dernière pour la route:
Mon supérieur est incompétent
vonric | 15 août, 2010 15:26
Ceci n'est pas un cas personnel (pour ceux qui suivent ce blog, cela reviendrait a me critiquer moi même, chose impensable !). Mais au vu de l'affaire Kerviel, je trouve la réflexion du blog d'econoclaste on ne peut plus révélatrice:
"S’y ajoutent quelques éléments sociologiques. Les gens du back-office,
du contrôle de risque, se le voient régulièrement rappeler : ils sont un
centre de coût, les salles de marché sont un centre de profit. Entre
les deux, la hiérarchie implicite est très rapidement évidente. S’y
ajoute le fonctionnement féodal des banques (tout particulièrement les
banques françaises) dans lesquelles on distingue clairement entre ceux
qui sont issus de ces Grandes Ecoles que le monde entier nous envie, et
les grouillots qui se contentent d’un diplôme universitaire. A votre
avis, lesquels trouve-t-on dans la hiérarchie et dans la salle de
marché, lesquels dans les services de contrôle du risque et de
back-office? A ce titre, le témoignage du supérieur direct de Kerviel
est éclairant : il ne comprenait rien à ce que les traders qu’il était
sensé diriger faisaient. Comment une telle situation est-elle possible?
Allons donc, comment un polytechnicien d’une trentaine d’années
pouvait-il être incompétent? ils savent tout faire, ils sont tellement
intelligents.
[...]
Dans des métiers complexes et techniques, il n’est pas anormal qu’un
supérieur hiérarchique ne soit pas capable de faire ce que ses
subordonnés font; toute la hiérarchie des grandes entreprises françaises
et des banques est construite sur la négation de ce principe pourtant
simple. On sait qu’ils ne peuvent pas le faire, mais on fait comme s’ils
en étaient capables, et l’on s’intoxique sur les gens qui ne peuvent
qu’être des leaders nés parce qu’ils ont été capables à 20 ans de passer
un concours très difficile."
Rocard je t'aime
vonric | 08 août, 2010 15:52
Vous vous souvenez peut être que j'écrivais un mot sur la retraite en juin dernier, le 6 juin exactement. Et je terminais en proposant:
"Oublions l'age légal de la retraite: pourquoi ne pas fixer une retraite à
la carte, en fonction de ses cotisations ? Si on veut partir à 55 ans
avec 30 ans de cotisations, alors on reçoit 30/40 de sa retraite, ou
30/45 si on doit cotiser 45 ans (je simplifie), assortie de mesures
favorisant l'emploi de seniors qui choisissent de prolonger leur
activité. Tout autre système n'a pour but que de créer de la trésorerie à
court terme pour l'Etat et pénaliser ceux des classes ouvrières qui
ayant commencé à travailler très tôt cotisent déjà actuellement plus que
les autres !
"
Et bien tenez vous bien, voici ce que déclare Michel Rocard dans un interview à Rue89 18 jours plus tard (soit le 24 juin 2010):
"Parce qu'il lit dans le cœur des Français et jure qu'il sait qu'il a
raison, il propose LA solution : une « retraite à la carte », où ce
seraient les citoyens et non l'Etat qui décideraient quand ils se
retirent et le montant de leur pension."
Cet homme est plein de bon sens, je le sais depuis 1988 !
Bon, pour être honnête la ligne d'en dessous précise que cette solution est déjà proposée par Terra Nova, mais je vous jure que je n'en savais rien. En tout cas c'est compliqué et ça prend du temps... et en ce moment le gouvernement a autre chose à faire, il faut calmer la tempête et sauver à tout prix le soldat Woerth, bien plus prioritaire que les retraites finalement.
Impossible de louer à Paris
vonric | 01 août, 2010 14:57
Ça doit bien faire 10 ans que je le dis: si je devais revenir a Paris je ne pourrais jamais louer un appartement. Habitant a Londres depuis plus de 10 ans, j'ai acheté il y a (déja) longtemps un logement. La hausse de l'immobilier aidant (et quelques travaux), on doit ete autour d'1/2 million d'euros. A cela s'ajoute un autre appart adjacent que je loue avec une valeur équivalente. Bon donc j'ai des locataires, je suis propriétaire d'un bien avec une valeur appréciable si je devais le vendre demain. Par ailleurs, par rapport a mes dépenses je ne me plains pas sur mes revenus mensuels (attention, j'aimerais bien sur avoir plus, comme tout le monde... allez 5 fois plus et je ne dis plus rien
).
Mais voila, le problème c'est que je suis freelance ; contractor (comme disent les anglophones). Pas de CDI. Pas de garant qui gagne plein de sous-sous pour me prendre sous son aile. Ça veut dire: "persona non grata" pour la location parisienne. J'ai le choix entre acheter directement (avec un prêt auprès d'une banque anglaise, car bien sur même problème pour une banque française : je ne suis pas en CDI, donc pas sérieux)ou aller frapper a la porte d'Emmaüs. Ah si, il y a une autre solution: faire des faux bulletins de salaire.
C'est ce qu'expliquait le mois dernier un article du Monde:
"Pierre, 30 ans, est architecte free-lance. Sa compagne est journaliste pigiste. A eux deux, ils gagnent 5 600 euros nets par mois, et cherchent à emménager dans un trois-pièces parisien pour un loyer de 1 300 euros. Deux mois et une cinquantaine de visites plus tard, leur dossier est toujours rejeté, malgré deux très bons garants. "Les propriétaires et agences nous ont tous dit clairement que notre situation n'était pas assez stable, qu'ils voulaient des locataires dont les revenus soient équivalents à quatre fois le montant du loyer, ce qui était pourtant notre cas. Une hérésie !" Le couple a alors décidé d'arranger la réalité : "Nous avons retouché sur Photoshop les fiches de paie de mon amie, nous avons également réalisé de faux certificats de travail pour nous deux. Nous avons trouvé l'appartement quasiment immédiatement…"
Dans les grandes villes, et plus particulièrement à Paris, la falsification des dossiers de location est en passe de devenir un sport, sinon une obligation. Selon l'Association pour l'accès aux garanties locatives (APAGL), 55 à 60 % de la population ne remplit plus les critères pour accéder à un logement locatif. Comprendre, être en CDI hors période d'essai, et avec un salaire de trois à quatre fois supérieur au bien recherché. Alors on triche, plus ou moins. Avec un bon logiciel de retouche, un CDD se transforme en CDI, un salaire est gonflé de 500 à 1 000 euros, la période d'essai est terminée depuis bien longtemps. Une inscription à la fac, ou une fausse carte, et le salarié débutant redevient étudiant. Le célibataire invente un faux couple pour obtenir un logement auquel il ne pourrait prétendre seul avec les critères en vigueur, alors qu'il a tout à fait les moyens de le payer."
Et le problème est (qui a dit: comme souvent) renforcé par la loi (le remède exacerbe la maladie):
"Autre problème, des lois votées pour aider les locataires se traduisent par des effets secondaires inattendus. Ainsi, l'abaissement de deux à un mois de caution a eu "un impact évident sur les exigences de revenus" pour Gilles Ricour de Bourgies. Pas question de laisser son logement à un locataire qui pourrait l'abîmer, et dont la caution serait bien insuffisante pour couvrir les frais de travaux, d'autant plus que la loi rend difficile l'expulsion d'un locataire indélicat. Pour de nombreux propriétaires, l'impossibilité de congédier un mauvais payeur est la cause principale de leurs exigences et des dossiers de candidature de plus en plus fournis.
Mais c'est la loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion de mars 2009, dite loi Boutin, qui a créé le plus de dommages. L'une de ses grandes mesures était pourtant louable : interdire à un bailleur de cumuler une "garantie loyers impayés" avec la demande d'un garant. Ainsi, les salariés ne disposant pas d'un garant avec des hauts revenus ne se verraient plus rejeter leur dossier. C'était sans compter un effet pervers. Les assurances étant seules aux commandes, elles ont rejeté les dossiers ne rentrant pas dans la case "CDI hors période d'essai", la catégorie de salariés la moins "risquée", alors que les garants existent justement pour aider les dossiers plus faibles."
A trop protéger le locataire, on a créé l'effet inverse. Pour mon cas, mes locataires sont : une jeune prof de musique et son copain qui finit sa thèse, pour un loyer de 1300 euros. Selon les critères français, ils n'auraient eu aucune chance: il leur fallait gagner 5000 euros et de très bons garants. Ils sont adorables et payent sans problèmes depuis 2 ans (bon, ils pourraient tout de même faire un petit effort d'entretiens du jardin
).